« Sahtek Bin Yeddik », le Pr Kamel Kezzal parle de l’importance du don de sang: Appel à faire de la solidarité un réflexe

Invité de l’émission « Sahtek Bin Yeddik », le Pr Kamel Kezzal, ancien DG de l’Agence nationale du sang et de l’Institut Pasteur d’Algérie, a rappelé l’importance du don de sang et la nécessité d’en faire un geste régulier, y compris durant le mois de Ramadhan.
Pour le spécialiste, donner son sang dépasse le simple cadre médical. « « Le don de sang est obligatoire, c’est considéré comme un acte de charité permanent (sadaqa djariya) », souligne-t-il. Fort de son expérience dans ce domaine, il affirme avoir souvent constaté la générosité des Algériens face aux situations difficiles. « Pour avoir travaillé dans ce domaine pendant des années, j’ai constaté que l’Algérien est sensible et empathique », explique-t-il.
Malgré cette disposition naturelle à aider les autres, le don de sang reste encore insuffisant. Selon lui, certaines peurs persistent. « Beaucoup de personnes hésitent à donner leur sang par crainte d’une contamination par l’aiguille. Pourtant, il n’y a aucune crainte à avoir », insiste-t-il, rappelant que les prélèvements sont réalisés dans des conditions strictes de sécurité.
Le Pr observe également que les dons interviennent souvent dans l’urgence : »Généralement, les gens donnent leur sang lorsqu’un membre de la famille est hospitalisé et en a besoin », précise-t-il. Une situation qui ne permet pas toujours d’assurer des réserves suffisantes pour les patients. Il rappelle pourtant que le don peut être effectué plusieurs fois dans l’année. « Les hommes âgés entre 18 et 65 ans peuvent donner leur sang jusqu’à 5 fois par ans et les femmes 4 fois », indique-t-il. Même un rythme moins fréquent reste utile. « Si ces donneurs donnent seulement deux fois par an, c’est déjà très bien », ajoute-t-il.
Aujourd’hui, les donneurs réguliers restent peu nombreux. « Les personnes qui donnent leur sang de manière spontanée représentent environ 2 % de la population », regrette-t-il.
Le mois de Ramadhan constitue néanmoins une période où l’élan de solidarité est plus visible. « Les jeûneurs peuvent faire un don de sang envion deux heures après le ftour », fait savoir le spécialiste. Il rappelle aussi une initiative menée avec le ministère des Affaires religieuses : « Les fidèles, en sortant de la mosquée, faisaient des dons de sang dans les camions de l’ANS, stationnés aux abords des lieux de culte ».
Pour le Pr Kezzal, cet esprit de solidarité doit s’inscrire dans la durée. « Les dons sont plus nombreux en ce mois sacré, mais la générosité, doit être toute l’année », conclut-il.
Hassina Amrouni