Symposium d’El Kendi pour le lancement d’une nouvelle molécule contre l’HTA

Innovations thérapeutiques et nouvelles recommandations au cœur des débats

Le Laboratoire El Kendi a organisé un symposium scientifique de lancement d’une nouvelle molécule de prise en charge de l’hypertension artérielle, en présence de plusieurs spécialistes algériens et internationaux qui sont venus autour des avancées récentes en cardiologie et en pharmacologie clinique.
A travers cet événement, le laboratoire confirme sa volonté de renforcer la formation médicale continue et de favoriser les échanges d’expertise entre praticiens hospitaliers, universitaires et professionnels de santé. Plus de 300 invités ont pris part à cette rencontre scientifique marquée par des communications centrées sur les recommandations internationales et les nouvelles stratégies thérapeutiques.
Intervenant au micro d’Esseha, le Directeur général des Laboratoires El Kendi, le Dr Mehdi Ferdjioui, a rappelé l’engagement historique du groupe dans la prise en charge de l’hypertension artérielle en Algérie. « Les laboratoires El Kendi sont présents en Algérie depuis 20 ans et ont commencé dans les thérapies de prise en charge de l’hypertension qui est un grand problème de santé publique », a-t-il souligné. Le responsable a également annoncé le lancement d’une nouvelle association thérapeutique à base de candesartan et d’amlodipine, disponible en trois dosages. Selon lui, cette nouvelle molécule vient « compléter une gamme de trois autres produits de la même famille, des ara2 et inhibiteur calcique », afin « d’enrichir l’arsenal thérapeutique des médecins cardiologues et autres médecins qui prennent en charge l’hypertension ».
Insistant sur la nécessité d’une médecine adaptée aux différents profils de patients, le Dr Ferdjioui a expliqué : « Chez El Kendi, nous pensons que chaque patient a droit à son traitement. Parfois, il faut des thérapies pour le début, pour le diabétique, pour le sportif, pour les personnes plus âgées ». Il a également mis en avant le transfert technologique réalisé en Algérie pour cette molécule, désormais fabriquée localement et distribuée à l’échelle nationale.
Le Pr Rahima Rayane Aouf, maître de conférences et cardiologue libérale à Annaba a, quant à elle, mis en lumière les enjeux liés à l’hypertension artérielle en Algérie, en insistant sur l’importance du « phénotypage tensionnel » pour mieux comprendre les profils hémodynamiques et biologiques des patients hypertendus. Elle a rappelé que « le contrôle tensionnel reste très bas en Algérie », avec un taux de seulement 17,6%, loin des objectifs attendus.
La spécialiste a souligné que l’hypertendu algérien représente « un patient à haut risque cardiovasculaire » au sein d’une population relativement jeune, exposée plus longtemps aux complications de l’HTA. D’où la nécessité d’adapter la stratégie thérapeutique au profil de chaque patient afin d’améliorer l’adhésion au traitement.
Le Pr Aouf a également insisté sur l’intérêt des bithérapies fixes, particulièrement adaptées aux patients actifs : « l’idéal, c’est de donner un seul comprimé », a-t-elle expliqué, rappelant que la multiplication des prises réduit l’observance. Enfin, elle a mis en avant l’association ARA2 et inhibiteur calcique, désormais recommandée en première intention chez les hypertendus à haut risque cardiovasculaire, grâce à sa « grande couverture » et à son effet « organoprotecteur ».
De son côté, le Pr Guillaume Lamirault, Professeur des universités et praticien hospitalier au CHU de Nantes, a présenté une communication consacrée à l’optimisation du traitement de l’hypertension artérielle. « Quand on optimise le traitement, on ne fait pas seulement baisser les chiffres de pression artérielle jusqu’à une cible définie, mais on choisit aussi des molécules et un traitement qui permettent de réduire le risque cardiovasculaire du patient comme l’infarctus, l’insuffisance cardiaque ou l’AVC », a-t-il expliqué.
L’expert a notamment insisté sur la place croissante des bithérapies antihypertensives dans les recommandations récentes. « Les bithérapies hypertensives deviennent aujourd’hui le point de démarrage du traitement », a-t-il affirmé, précisant que les échanges ont porté sur « les meilleures bithérapies », adaptées aux caractéristiques de la population algérienne à haut risque cardiovasculaire.
Même constat pour le Pr Rosa Maria Bruno, Professeur de pharmacologie clinique à l’université de Paris Cité/ HEGP, France. Elle a souligné l’importance, pour la communauté médicale, de maîtriser les nouvelles recommandations scientifiques internationales. « Ce qui est important, c’est que maintenant, on a une idée sur une cible tensionnelle encore plus faible. On va vers 130/80 pour tout le monde et même des valeurs plus faibles, si elles sont tolérées », a-t-elle indiqué.
Elle a également insisté sur la nécessité d’une prise en charge précoce : « Il ne faut pas perdre du temps. Il faut commencer une bithérapie à faible dosage puis augmenter progressivement pour obtenir, de façon efficace et rapide un bon contrôle tensionnel ». Selon elle, ce message constitue aujourd’hui le principal point commun entre les recommandations américaines et européennes sur le traitement de l’hypertension artérielle.
Hassina Amrouni