À l’occasion de la Semaine internationale de sensibilisation à la thyroïde, la Société Algérienne d’Endocrinologie et Métabolismes (SAEM) organise, vendredi 22 mai 2026 à Alger, une vaste campagne de sensibilisation et de dépistage gratuit des maladies thyroïdiennes à la Promenade de la Sablette qui sera assurée par BiovalApp.
Prévue de 9h à 14h et ouverte gratuitement au grand public, cette initiative vise à attirer l’attention sur des pathologies endocriniennes souvent silencieuses mais particulièrement répandues en Algérie. Les troubles thyroïdiens occupent aujourd’hui la deuxième place des maladies endocriniennes après le diabète, alors qu’ils demeurent encore largement sous-diagnostiqués.
Fatigue chronique, prise de poids inexpliquée, frilosité, troubles de la mémoire ou difficultés de concentration figurent parmi les symptômes les plus fréquents de l’hypothyroïdie. Des signes souvent banalisés ou attribués au stress, au vieillissement ou à d’autres maladies, retardant ainsi le diagnostic pendant plusieurs années.
Les spécialistes alertent également sur les complications possibles en cas de prise en charge tardive, notamment des troubles métaboliques, cardiovasculaires et neurologiques pouvant altérer considérablement la qualité de vie des patients.
Dans ce contexte, la campagne de la SAEM entend promouvoir le dépistage précoce grâce à un dispositif accessible directement sur le site de la Sablette. Des professionnels de santé seront mobilisés pour informer les visiteurs, répondre à leurs interrogations et orienter les personnes présentant des facteurs de risque. Un dépistage gratuit de la TSH, principal marqueur biologique permettant d’évaluer le fonctionnement de la thyroïde, sera proposé aux personnes considérées à haut risque.
Les femmes de plus de 40 ans figurent parmi les populations les plus concernées. Selon plusieurs données scientifiques internationales citées par les organisateurs, les maladies thyroïdiennes toucheraient près de trois fois plus les femmes que les hommes, avec un risque qui augmente nettement après la ménopause. Certaines études évoquent même une fréquence jusqu’à huit à dix fois supérieure chez les femmes.
En Algérie, plusieurs régions ont historiquement été identifiées comme zones goitrigènes, notamment en raison de carences anciennes en iode. Des wilayas comme Tlemcen, Tipasa, Cherchell ou Gouraya ont longtemps été concernées par cette problématique de santé publique. Des travaux réalisés dans des structures hospitalières algériennes ont également mis en évidence une forte prévalence de certaines maladies auto-immunes de la thyroïde, notamment la thyroïdite d’Hashimoto.
Pour les organisateurs, cette journée constitue également un appel à renforcer les stratégies nationales de prévention et de dépistage. L’absence de statistiques nationales consolidées sur les maladies thyroïdiennes en Algérie rend encore difficile l’évaluation précise de l’ampleur du phénomène. Les endocrinologues plaident ainsi pour des campagnes de sensibilisation régulières et un meilleur accès au diagnostic précoce afin de limiter les complications et améliorer la qualité de vie des patients.
À travers cette mobilisation citoyenne organisée au cœur de la capitale, la SAEM souhaite enfin rapprocher la prévention médicale du grand public et encourager une meilleure connaissance des maladies endocriniennes, encore trop souvent ignorées malgré leur fréquence élevée.
Nouhad Ourebzani