Une équipe internationale de chercheurs vient de mettre en lumière un mécanisme inédit de réparation des cassures double brin de l’ADN, en identifiant le rôle central d’une protéine jusque-là peu explorée dans ce contexte : DIAPH1. Publiée dans Nature Communications, l’étude part d’un constat clinique rare – le syndrome DIAL, lié à une déficience héréditaire en DIAPH1 – pour aboutir à une avancée fondamentale dans la compréhension de la recombinaison homologue, un processus crucial de réparation génomique.
Les cellules des patients atteints de ce syndrome présentent une défaillance marquée dans la réparation des cassures double brin de l’ADN, comparable à celle observée dans des syndromes bien connus comme ceux de Nijmegen ou de Warsaw. L’analyse approfondie a révélé que la DIAPH1 agit en synergie avec la γ-actine – et non la β-actine, pourtant très proche sur le plan structurel – pour favoriser la formation d’un réseau d’actine nucléaire autour des lésions de l’ADN. Ce réseau facilite ensuite le recrutement du complexe de réparation MRE11/RAD50/NBS1 vers les sites endommagés.
Cette mobilisation de la γ-actine, orchestrée par DIAPH1 et le complexe Arp2/3, représente une étape clé dans l’activation du processus de recombinaison homologue. Les résultats établissent ainsi un lien direct entre certaines maladies génétiques rares et une rupture dans la chaîne de réparation de l’ADN, notamment dans les cas liés à des mutations du gène ACTG1 (impliqué dans le syndrome Baraitser-Winter).
Au-delà de la compréhension des mécanismes cellulaires, cette découverte ouvre la voie à des applications cliniques concrètes. Le gène DIAPH1 pourrait désormais figurer dans les panels de diagnostic génétique ciblant les mutations affectant la stabilité du génome, notamment celles qui augmentent le risque de cancer. Elle offre également de nouvelles perspectives pour le développement de biomarqueurs de susceptibilité ou d’outils thérapeutiques innovants ciblant les voies de réparation de l’ADN.
Par cette avancée, les chercheurs soulignent l’importance de l’actine nucléaire comme véritable acteur de la préservation du génome humain. Un champ encore largement inexploré, qui pourrait bien redéfinir notre approche des maladies génétiques et du cancer.
Nouhad Ourebzani