Se protéger du soleil ne signifie pas uniquement appliquer de la crème solaire avant de sortir. Les données scientifiques et les recommandations internationales placent en réalité la recherche de l’ombre et le port de vêtements protecteurs au premier rang des mesures de prévention contre les effets nocifs des rayonnements ultraviolets (UV).
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est particulièrement claire sur ce point : la meilleure protection contre une exposition excessive aux UV consiste à chercher l’ombre et porter des vêtements, tandis que la crème solaire doit principalement être utilisée sur les zones de peau qui ne peuvent pas être couvertes.
Cette recommandation repose sur un principe simple : contrairement à une crème solaire dont l’efficacité dépend de la quantité appliquée, de la régularité des applications et de son maintien sur la peau, un vêtement constitue une barrière physique directe entre les rayons UV et la peau.
Les caractéristiques du textile jouent cependant un rôle important. Les tissus tissés ou tricotés serrés laissent généralement passer moins de rayonnement UV que les tissus très ajourés. La couleur, l’épaisseur, la composition et l’état du vêtement interviennent également. Un textile étiré, mouillé ou fortement usé peut perdre une partie de ses capacités protectrices.
Certains vêtements bénéficient par ailleurs d’un indice spécifique, appelé UPF (Ultraviolet Protection Factor). À titre d’exemple, un tissu UPF 50 ne laisse théoriquement parvenir à la peau qu’environ 1/50e du rayonnement UV qui l’atteindrait sans protection, soit environ 2 %. Ces textiles peuvent être particulièrement intéressants pour les personnes travaillant ou pratiquant régulièrement des activités en plein air.
La protection vestimentaire ne concerne pas uniquement le torse et les bras. Un chapeau à larges bords permet de protéger le visage, les oreilles et la nuque, tandis que des lunettes enveloppantes offrant une protection de 99 à 100 % contre les UVA et les UVB contribuent à protéger les yeux.
L’autre réflexe essentiel est de chercher l’ombre, particulièrement lorsque le rayonnement solaire est le plus intense. L’OMS recommande de limiter l’exposition autour du milieu de la journée et de privilégier les zones ombragées lorsque l’indice UV est élevé. Les mesures de protection sont particulièrement importantes dès que l’indice UV atteint 3.
Mais l’ombre ne signifie pas une absence totale de rayonnement. Les arbres, parasols, auvents ou autres structures ne bloquent pas nécessairement tous les UV. Une partie du rayonnement peut être diffusée par l’atmosphère ou réfléchie par certaines surfaces. Le sable, l’eau, la neige ou encore des surfaces claires peuvent ainsi augmenter l’exposition aux UV, même lorsqu’une personne n’est pas directement sous le soleil.
C’est pourquoi la protection solaire doit être pensée comme un ensemble de mesures complémentaires, et non comme une compétition entre vêtements et crème solaire. La stratégie la plus efficace consiste à réduire d’abord l’exposition : éviter autant que possible le soleil intense, rechercher l’ombre et couvrir la peau. La crème solaire vient ensuite compléter cette protection sur les parties qui restent découvertes.
Cette distinction est importante car la crème solaire peut donner un faux sentiment de sécurité. L’OMS rappelle qu’elle ne doit pas être utilisée pour prolonger volontairement le temps passé au soleil. Même correctement appliquée, elle ne bloque pas totalement les rayonnements UV.
Les rayons ultraviolets sont loin d’être anodins. Ils constituent le principal facteur environnemental des cancers cutanés et sont également impliqués dans certaines atteintes oculaires. L’OMS souligne notamment que l’exposition excessive durant l’enfance et l’adolescence contribue au risque de cancer cutané à l’âge adulte.
Le message de prévention peut donc être résumé très simplement : avant de penser à la crème solaire, penser à réduire l’exposition.
Chercher l’ombre, porter des vêtements couvrants adaptés, mettre un chapeau et protéger ses yeux constituent les premières barrières. La crème solaire à large spectre reste indispensable pour les zones découvertes, notamment le visage, les oreilles, le cou et les mains.
En plein été, et particulièrement lorsque l’indice UV est élevé, la meilleure protection n’est donc pas nécessairement celle qui se trouve dans un tube. Elle commence souvent par un geste beaucoup plus simple : se mettre à l’ombre et couvrir sa peau.
Nouhad Ourebzani