Biocare et Felix scellent un partenariat stratégique pour transférer vers l’Algérie la technologie des traitements modernes du diabète

Le groupe pharmaceutique algérien Biocare et la société omanaise Felix pour les industries pharmaceutiques ont conclu un accord stratégique portant sur le transfert vers l’Algérie de technologies de fabrication de médicaments modernes destinés au traitement du diabète. Signé en marge du salon international de l’industrie pharmaceutique CPHI Milan 2026, organisé du 6 au 8 octobre à Milan, en Italie, cet accord ouvre une nouvelle étape dans la coopération industrielle et technologique entre les deux pays.

Cette alliance vise à favoriser la production locale de traitements innovants, à renforcer les capacités industrielles algériennes et à contribuer à la sécurisation de l’approvisionnement en médicaments. Elle s’inscrit également dans une dynamique de coopération pharmaceutique arabe fondée sur le transfert de savoir-faire, le partage d’expertise et le développement de capacités de production nationales.

Pour Felix, cette initiative marque une évolution de son modèle de développement, qui ne se limite plus à l’exportation de produits pharmaceutiques, mais s’étend désormais au transfert de technologies et de connaissances techniques vers ses partenaires. L’entreprise omanaise entend ainsi contribuer au développement des compétences industrielles locales et à la création de partenariats durables dans les marchés régionaux.

L’accord s’inscrit dans la continuité des relations établies entre les deux groupes en 2025. Le cadre de coopération initial prévoyait notamment le transfert de Biocare vers Felix de technologies de fabrication de l’insuline et de collyres, avec pour objectif de développer les capacités de production de ces médicaments dans le Sultanat d’Oman. Une deuxième phase devait également porter sur la localisation de la fabrication de certains médicaments injectables par voie intraveineuse et de produits ophtalmiques développés et produits par le groupe algérien.

La nouvelle convention repose ainsi sur une logique de coopération réciproque. Tandis que Felix apporte son expertise dans les technologies liées aux traitements modernes du diabète, Biocare met à profit son expérience dans la fabrication de médicaments, notamment l’insuline et les préparations ophtalmiques. Ce modèle de partenariat permet aux deux entreprises d’élargir leurs compétences et de développer leurs capacités industrielles respectives.

Pour le groupe algérien, cette coopération représente une opportunité de renforcer sa présence dans le segment des médicaments à forte valeur ajoutée et d’accélérer la diversification de sa production. À travers ses différentes unités, notamment Biocare Biotech, le groupe s’inscrit dans une stratégie de développement de la production pharmaceutique locale, en particulier dans les domaines de l’insuline, des médicaments biologiques similaires et des traitements nécessitant des technologies de fabrication avancées.

Le transfert technologique constitue un levier important pour développer cette industrie. Au-delà de la fabrication, il implique l’acquisition de connaissances techniques, la maîtrise des procédés industriels et le renforcement des compétences nécessaires à la production de médicaments répondant aux exigences de qualité et de sécurité pharmaceutiques.

L’enjeu est également sanitaire. Le diabète représente un défi majeur pour les systèmes de santé, en raison du nombre de patients concernés et de la nécessité d’assurer un accès régulier à des traitements adaptés. Le développement de capacités de production locales peut contribuer à diversifier les sources d’approvisionnement et à réduire certaines dépendances extérieures, sous réserve de la mise en œuvre effective des projets industriels et du respect des exigences réglementaires applicables.

Au-delà de ses retombées potentielles pour les deux entreprises, ce partenariat illustre une évolution des relations industrielles entre pays arabes. La coopération ne repose plus uniquement sur les échanges commerciaux, mais s’oriente davantage vers le partage de technologies, le développement des compétences et la création de valeur au sein des économies partenaires.

La signature de cet accord à CPHI Milan 2026 témoigne enfin de l’importance des grands rendez-vous internationaux de l’industrie pharmaceutique pour établir de nouvelles alliances et développer des projets de coopération. Pour Biocare, l’objectif est de consolider les capacités nationales de production et de renforcer la place de l’Algérie dans l’industrie pharmaceutique régionale. Pour Felix, cette collaboration constitue une nouvelle voie de développement fondée sur l’exportation de technologies et de savoir-faire.

La portée concrète de ce partenariat dépendra désormais de la mise en œuvre du transfert technologique, des modalités de production et des étapes nécessaires à la mise à disposition des médicaments concernés sur le marché algérien. Son ambition est néanmoins claire : faire de la coopération industrielle un instrument au service du développement pharmaceutique et de la sécurité sanitaire.

Nouhad Ourebzani