A la rentrée, le constat revient souvent : davantage de cheveux sur la brosse, dans la douche ou sur l’oreiller. Pourtant, voir sa chevelure perdre un peu plus de fibres en septembre n’est pas forcément synonyme de problème. Une perte quotidienne est parfaitement normale, à savoir que nous perdons généralement entre 50 et 100 cheveux par jour, au fil du renouvellement du cycle capillaire.
La période de septembre peut toutefois donner l’impression que le phénomène s’intensifie. Des travaux scientifiques ont mis en évidence une variation saisonnière du cycle du cheveu, avec une proportion plus importante de cheveux entrant en phase télogène, c’est-à-dire la phase de repos précédant la chute, autour de la fin de l’été et du début de l’automne.
Mais la saison n’explique pas tout. Une chute plus abondante peut apparaître quelques mois après un épisode de fièvre, une infection, une intervention chirurgicale, une période de stress important, une perte de poids marquée ou un changement hormonal. Ce phénomène appelé effluvium télogène est généralement temporaire : lorsque le facteur déclenchant disparaît, la chevelure retrouve progressivement sa densité habituelle, souvent sur plusieurs mois.
L’alimentation mérite également un coup d’œil. Les régimes très restrictifs, un apport insuffisant en protéines ou certaines carences, notamment en fer, peuvent favoriser la chute. Mieux vaut donc retrouver une alimentation variée plutôt que de multiplier les compléments « spécial cheveux ». Pris sans raison médicale, certains suppléments peuvent même être contre-productifs. En effet, des apports excessifs en certains nutriments ont été associés à une aggravation de la chute.
Côté gestes, inutile de brosser davantage ou de changer radicalement de shampoing. Une routine douce, un démêlage sans tirer sur les cheveux et l’évitement des coiffures très serrées permettent surtout de limiter la casse et les traumatismes mécaniques.
Les soins cosmétiques peuvent aussi aider à préserver la fibre surtout lorsque les cheveux sont secs ou fragilisés. Un masque nourrissant ou un après-shampoing facilite le démêlage et limite les frottements, tandis que certaines huiles, comme l’huile de coco, peuvent réduire la perte de protéines du cheveu et donc contribuer à limiter les dommages de la fibre. Les sérums peuvent, eux, améliorer le toucher, la brillance et protéger temporairement la fibre capillaire. En revanche, ces produits n’agissent pas directement sur le follicule et ne permettent pas de traiter une véritable chute de cheveux. Ils sont donc utiles pour prendre soin de la chevelure, mais ne remplacent pas un avis médical lorsque la perte devient importante ou persistante.
Hassina Amrouni