Vacances: Peut-on récupérer une année de fatigue en deux semaines de vacances ?

Partir deux semaines en vacances, profiter de quelques grasses matinées, avoir moins de contraintes et davantage de temps pour soi. Cela suffit-il pour effacer une année de fatigue ? La réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît car récupérer ne signifie pas la même chose pour le sommeil, les muscles, le cerveau ou l’équilibre psychologique.

Après une période de sommeil insuffisant, l’organisme cherche naturellement à compenser ? Une ou plusieurs nuits plus longues peuvent rapidement réduire la somnolence et améliorer certaines performances. Mais tout ne revient pas forcément à la normale au même rythme.

Des travaux montrent notamment que deux nuits de récupération peuvent restaurer certains paramètres cérébraux après une privation aiguë de sommeil, sans pour autant normaliser complètement la mémoire. Dans d’autres études, plusieurs semaines de sommeil restreint ont laissé des déficits d’attention qui persistaient malgré deux nuits de récupération le week-end.

Autrement dit, dormir davantage pendant les vacances est utile, mais quelques grasses matinées ne suffisent pas nécessairement à effacer une dette de sommeil accumulée sur des mois.

La fatigue musculaire liée à une période de travail physique ou à une activité sportive inhabituelle peut diminuer en quelques jours lorsque l’organisme bénéficie de repos, de sommeil et d’une alimentation suffisante. Mais cette récupération n’est pas comparable à celle d’un organisme soumis depuis longtemps à une charge excessive. Le muscle peut retrouver rapidement une sensation de fraîcheur sans que toutes les adaptations physiologiques soient autant terminées. C’est pourquoi reprendre brutalement le sport après plusieurs semaines d’inactivité n’est pas une bonne façon de « profiter » de sa forme retrouvée.

Quant à la récupération psychologique, elle est encore différente. Une véritable coupure permet de réduire la pression liée au travail et de retrouver du temps pour soi. Des études montrent que les vacances améliorent généralement le bien-être et diminuent le sentiment d’épuisement mais que ces bénéfices peuvent s’atténuer après la reprise.

Ce qui compte n’est d’ailleurs pas uniquement la durée des congés. Le sommeil, la possibilité de se détacher mentalement du travail, l’activité physique et le fait de vivre des expériences agréables semblent favoriser davantage la récupération.

Les vacances peuvent donc offrir un véritable « reset » : sommeil mieux organisé, fatigue diminuée, tension psychologique relâchée et cerveau moins sollicité. Mais elles ne peuvent pas réparer à elles seules une année entière de surmenage, de nuits trop courtes ou de stress chronique.

Le véritable bénéfice apparait surtout lorsque la récupération se poursuit après le retour de vacances. Deux semaines peuvent constituer un bon point de départ. Le véritable bénéficie apparaît surtout lorsque la récupération se poursuit après le retour. Aussi pour éviter de perdre rapidement les effets des vacances, il est utile de conserver quelques habitudes acquises pendant cette période : préserver un temps de sommeil suffisant, retrouver des horaires réguliers, maintenir une activité physique modérée, s’accorder de vraies pauses au cours de la journée et éviter de remplir immédiatement son agenda.

Les premiers jours, mieux vaut également reprendre progressivement les contraintes habituelles plutôt que de vouloir tout rattraper en rapidement.

Hassina Amrouni