Mobilisée depuis des décennies, la recherche sur le cancer connaît ces dernières années des avancées majeures. L’une des dernières en date est la mise au point, par l’unité de développement précoce des médicaments de l’Institut d’oncologie du Vall d’Hebron (VHIO) à Barcelone, d’un médicament expérimental qui serait capable de bloquer le gène responsable de la croissance de nombreuses tumeurs cancéreuses.
Baptisé OMO-103, ce traitement expérimental agit en supprimant le gène MYC, « qui orchestre les messages indiquant à une cellule de se diviser ».
Pour les besoins de cette étude, l’équipe du Dr Elena Garralda a fait appel à douze patients souffrant de différentes formes de cancers « difficiles à traiter ». Grâce à ce traitement, huit de ces patients ont vu la progression de leur tumeur stoppée. Deux d’entre-eux avaient un cancer du pancréas, trois un cancer du côlon, quant aux autres, ils avaient un cancer du poumon, un sarcome et un cancer des glandes salivaires.
De plus, peu d’effets secondaires liés à ce traitement ont été relevés, à savoir des réactions bénignes à la perfusion intraveineuse telles que des frissons, fièvre, nausées, éruptions cutanées ou pression artérielle basse.
Selon la directrice de l’unité, le Dr Garralda, « MYC est l’une des cibles les plus recherchées dans le cancer car elle joue un rôle clé dans le développement de nombreux cancers humains courants », précisant, encore qu’« aucun médicament qui inhibe MYC n’a été approuvé pour une utilisation clinique ».
Commentant cette découverte, le Dr Lawrence Young, oncologue à l’Université de Warwick au Royaume-Uni, estime que « ce sont des résultats très excitants, mais c’est encore tôt ». Ce qui implique que d’autres essais doivent être menés pour la mise au point de ce traitement innovant.
Synthèse Hassina Amrouni