Beaucoup de patients atteints de cancer connaissent, lors des derniers stades la maladie, une perte de poids soudaine qui entraîne une perte d’appétit et de muscles. Ce syndrome est connu sous le nom de ‘’Cachexie’’ ou ‘’syndrome de dépérissement” .
Malgré des années de recherche scientifique, les causes de la cachexie sont jusqu’ici restées inconnues: La certitude demeurait que la cachexie est un processus complexe qui implique plusieurs organes et systèmes du corps: ‘’La cachexie est plus qu’une perte d’appétit et une perte de poids, et les médecins ont du mal à inverser cette condition lorsqu’elle s’installe… Il s’agit d’un problème complexe qui a un impact énorme sur les personnes atteintes de cancer, nuisant à leur bien-être et diminuant leur énergie à un moment où elles en ont le plus besoin.’’ déclare Michelle Mitchell, directrice générale de Cancer Research UK.
Une équipe de chercheurs britanniques, dirigée par le professeur Ketan Patel, directeur du Weatherall Institute of Molecular Medicine à Oxford, ont conduit des travaux qui ont conduit à la découverte d’ une nouvelle piste concernant certaines causes de ce syndrome. Les scientifiques ont lié la cachexie à des dommages survenant dans l’ADN, ce qui perturberait les messagers chimiques envoyés au cerveau, l’amenant à libérer des hormones coupe-faim.
Lorsque le formaldéhyde naturel (substance synthétisée par l’organisme) s’accumule dans la circulation, il est filtré par les reins. Les chercheurs ont découvert que lors de cette filtration, les cellules rénales subissent des dommages dans leur ADN, ce qui, à son tour, amène les reins à sécréter une hormone nommée GDF15 qui incite le cerveau à supprimer l’appétit: ‘’ Lors de la chimiothérapie, on vous donne une substance chimique qui attaque l’ADN de la même manière que le formaldéhyde », a déclaré le professeur Ketan Patel. « En d’autres termes, cela peut endommager l’ADN et déclencher ces signaux qui disent au cerveau de supprimer l’appétit. »
Les résultats de cette recherche suggèrent également une voie possible pour traiter le problème: « Cela suggère que nous pourrions être en mesure de traiter la perte de poids chez les patients subissant une chimiothérapie anticancéreuse et chez les enfants atteints du syndrome de Cockayne en administrant un anticorps qui neutralise le GDF15. Nous pourrions alors être en mesure de bloquer ces messages et d’arrêter le début de leur cachexie.’’
Cependant, le mécanisme sécrétant la GDF15 est aujourd’hui un mécanisme connu contribuant au développement de la cachexie mais ce n’est en aucun cas le seul, et les chercheurs ont besoin de beaucoup plus de travaux comme celui-ci afin de prendre connaissance des autres causes menant au syndrome de dépérissement. Les chercheurs de l’étude considèrent que c’est une question urgente sur laquelle ils doivent se pencher car ‘’ce syndrome contribue à leur incapacité à traiter les patients à mesure qu’ils s’affaiblissent’’.
ALYSSA BOUTNAF