Des gouttes ophtalmiques promettent de réduire la dépendance aux lunettes de lecture

Une innovation médicale venue des États-Unis pourrait bientôt changer le quotidien de millions de personnes souffrant de presbytie. Un laboratoire américain a développé un traitement ophtalmique sous forme de gouttes, capable d’améliorer temporairement la vision de près et de réduire le recours aux lunettes de lecture.

Commercialisées sous le nom de VIZZ, ces gouttes reposent sur une substance appelée acéclidine. Une seule application permettrait d’améliorer la vision rapprochée pendant près de dix heures. Le principe est simple : le produit agit sur l’iris, la partie colorée de l’œil, afin de réduire la taille de la pupille. Cette diminution de l’ouverture pupillaire améliore temporairement la netteté des objets proches.

La presbytie est un phénomène naturel lié au vieillissement. Avec l’âge, le cristallin perd progressivement sa souplesse et sa capacité à modifier sa forme pour faire la mise au point sur les objets situés à courte distance. Cette affection apparaît généralement à partir de 45 ans et conduit souvent au port de lunettes de lecture.

Le traitement a été mis au point par le laboratoire californien LENZ Therapeutics, qui a obtenu en 2025 l’autorisation de commercialisation de l’agence américaine du médicament. Disponible uniquement sur ordonnance, le produit est vendu aux États-Unis au prix de 79 dollars pour 25 doses, soit environ un mois d’utilisation.

L’enjeu économique est considérable. Selon les estimations, près de 128 millions d’Américains sont touchés par la presbytie. À l’échelle mondiale, ce chiffre atteindrait environ 1,8 milliard de personnes. Face à ce potentiel, LENZ Therapeutics a également déposé une demande d’autorisation sur le marché européen en 2026.

Si les ventes du produit ont été limitées à environ 3 millions de dollars en 2025, les analystes anticipent une forte progression dans les années à venir. Elles pourraient atteindre 45 millions de dollars dès 2026 et dépasser le milliard de dollars à l’horizon 2038.

Pour promouvoir son traitement, le laboratoire a fait appel à l’actrice Sarah Jessica Parker, qui souffre elle-même de presbytie.

Malgré cet engouement, les spécialistes appellent à la prudence. Les effets secondaires les plus fréquemment rapportés sont une légère irritation oculaire et des maux de tête temporaires. L’efficacité du traitement pourrait également varier selon l’âge des patients. Les personnes âgées de 40 à 55 ans semblent être les meilleures candidates, tandis que les patients plus âgés pourraient rencontrer certaines difficultés d’adaptation aux variations de luminosité, notamment lors de la conduite en soirée.

Cette innovation ne guérit donc pas la presbytie, mais elle pourrait offrir une alternative pratique aux lunettes pour une partie des personnes concernées, ouvrant la voie à une nouvelle génération de traitements destinés à corriger temporairement les troubles de la vision liés à l’âge.

Nouhad Ourebzani