L’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) a annoncé avec une profonde tristesse le décès du Dr Ahmed Benelmouffok, l’un de ses premiers cadres et une figure marquante des sciences vétérinaires en Algérie. Son engagement de près de quarante ans au sein de l’Institut a contribué à façonner des domaines clés de la microbiologie vétérinaire et de la lutte contre les maladies zoonotiques.
Un pionnier de la vaccination et du diagnostic des maladies animales
Dès 1968, le Dr Benelmouffok avait pris la tête du Service de la Vaccine – clavelée, supervisant la production du vaccin antivariolique humain et du vaccin anti-claveleux destiné à lutter contre la variole du mouton. Ce dernier demeure à ce jour un produit essentiel fabriqué à l’Institut. En parallèle, il avait dirigé le Service de diagnostic de la rage, renforçant ainsi la surveillance et la lutte contre cette maladie mortelle touchant aussi bien l’homme que l’animal.
Dans les années 1970, il avait fondé le Service de microbiologie vétérinaire et d’épizootiologie, établissant les bases du diagnostic bactériologique, virologique et parasitologique dans le domaine vétérinaire. Son travail a permis d’améliorer la détection et la prévention des maladies infectieuses affectant le cheptel national, un enjeu stratégique pour la santé publique et la sécurité alimentaire du pays.
Un architecte du développement de l’Institut Pasteur d’Algérie
Au-delà de ses contributions scientifiques, le Dr Benelmouffok avait joué un rôle central dans la restructuration de l’IPA. Dans les années soixante-dix, il avait pris part aux réflexions ayant conduit à la création du Nouvel Institut Pasteur d’Algérie, un projet visant à moderniser les infrastructures et à diversifier les activités de recherche et de production vaccinale.
Son expertise ne s’arrêtait pas aux laboratoires. Il avait mené d’importantes recherches sur la rage en Algérie, publié plusieurs études de référence et participé à l’enseignement universitaire, formant ainsi de nombreuses générations de chercheurs et de vétérinaires. En tant qu’expert-conseiller auprès de l’IPA, il avait continué à apporter son savoir et son expérience pendant plusieurs années, consolidant les acquis scientifiques de l’Institut.
Un héritage scientifique durable
Le décès du Dr Ahmed Benelmouffok laisse un grand vide au sein de la communauté scientifique algérienne. Son engagement indéfectible, son expertise et ses contributions dans le domaine de la santé publique vétérinaire resteront une référence pour les générations futures.
En cette douloureuse circonstance, l’Institut Pasteur d’Algérie a adressé ses sincères condoléances à sa famille et à ses proches, saluant la mémoire d’un scientifique dont le parcours aura marqué durablement la recherche et la santé en Algérie.
Tinhinane B