L’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo prend une tournure de plus en plus inquiétante. Les autorités sanitaires congolaises ont annoncé une forte hausse du nombre de décès suspects, tandis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) redoute une propagation rapide d’un virus rare et particulièrement difficile à contenir faute de vaccin homologué.
Selon les dernières données communiquées mardi, au moins 131 décès suspects et plus de 500 cas potentiels ont été recensés dans les provinces orientales du pays. Le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba, a indiqué que les investigations se poursuivaient afin de confirmer combien de ces cas sont effectivement liés au virus Ebola.
L’épidémie est provoquée par le virus Bundibugyo, une souche rare d’Ebola pour laquelle il n’existe actuellement ni traitement approuvé ni vaccin spécifique. Les experts expliquent que la maladie a circulé pendant plusieurs semaines sans être détectée, les premiers tests ayant recherché la souche plus courante dite « Ebola-Zaïre », avec des résultats négatifs. Ce retard dans l’identification du virus a favorisé sa propagation dans plusieurs zones urbaines densément peuplées.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est déclaré « profondément préoccupé par l’ampleur et la vitesse de l’épidémie ». Il a notamment évoqué l’apparition de cas dans des centres urbains, la mort de plusieurs agents de santé et les importants mouvements de population dans une région déjà fragilisée par les conflits armés et les déplacements massifs de civils.
Face à cette situation, l’OMS a officiellement classé l’épidémie comme une « urgence de santé publique de portée internationale ». L’organisation estime que le risque de propagation régionale est élevé, d’autant que des cas confirmés ont déjà été signalés en Ouganda voisin, notamment à Kampala.
Les autorités sanitaires craignent également que le nombre réel de contaminations soit largement supérieur aux chiffres actuellement connus. L’OMS souligne que les systèmes de surveillance restent limités dans certaines zones affectées, où l’insécurité complique les opérations médicales et les campagnes de dépistage.
Le virus Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée ou décédée. Les symptômes incluent notamment la fièvre, les douleurs musculaires, les vomissements, les diarrhées et, dans certains cas, des hémorragies sévères. Bien que la souche Bundibugyo soit considérée comme moins mortelle que d’autres variantes d’Ebola, son taux de mortalité peut dépasser 30 %.
Amina Azoune