Les travaux de la 79e Assemblée mondiale de la santé se poursuivent à Genève, en Suisse, dans un contexte international marqué par la multiplication des crises sanitaires, humanitaires et climatiques. Réunis du 18 au 23 mai 2026 sous l’égide de Organisation mondiale de la santé, les États membres ont consacré une large partie des débats à la préparation et à la réponse aux urgences sanitaires mondiales, ainsi qu’à la mise en œuvre du Règlement sanitaire international de 2005.
Au cœur des discussions, l’Algérie s’est distinguée par une intervention remarquée de son représentant, le directeur général de la prévention et de la promotion de la santé, Dr Djamel Fourar, qui a réaffirmé l’engagement d’Alger en faveur d’une gouvernance sanitaire mondiale plus solidaire, plus équitable et davantage fondée sur la coopération internationale.
Prenant la parole devant les délégations participantes, le responsable algérien a salué les efforts engagés pour la révision du Règlement sanitaire international ainsi que le rôle central joué par l’Organisation mondiale de la santé dans la coordination des réponses face aux crises sanitaires mondiales. Il a insisté sur la nécessité d’une application « rapide, équitable et consensuelle » des nouvelles dispositions adoptées en 2024, appelant à renforcer la résilience des systèmes de santé et à réduire les profondes inégalités qui persistent entre les pays en matière d’accès aux moyens de prévention et de réponse.
L’Algérie a également réaffirmé son adhésion au mécanisme d’évaluation externe volontaire des capacités nationales prévu par le règlement sanitaire international. Dans ce cadre, Dr Djamel Fourar a souligné l’importance du renforcement des mécanismes collectifs de prévention et de réponse aux pandémies, tout en rappelant l’attachement de l’Algérie au respect du droit international et de la souveraineté des États.
Parmi les propositions mises en avant par Alger figure également la création d’un fonds spécial dédié aux urgences sanitaires, financé notamment à travers des taxes sur le tabac. Une initiative présentée comme un moyen de garantir des ressources durables pour faire face aux futures crises sanitaires internationales.
Les débats de cette deuxième journée ont également porté sur le programme de gestion des urgences sanitaires de l’OMS, dix ans après sa création. Les États membres ont unanimement souligné l’importance de préserver les capacités opérationnelles de l’organisation afin d’assurer des réponses rapides et efficaces face aux menaces sanitaires émergentes.
Plusieurs situations récentes ont été évoquées au cours des discussions, notamment des cas de virus Hanta détectés à bord d’un navire de croisière ainsi que la résurgence d’Ebola en République démocratique du Congo. Des exemples qui, selon les participants, illustrent l’importance du renforcement des systèmes de surveillance, de détection précoce et de coordination internationale.
Les délégations ont par ailleurs débattu de la prolongation des recommandations permanentes relatives au Covid-19 et au mpox (variole du singe), plaidant pour des réponses fondées sur les données scientifiques, l’amélioration du séquençage génétique, la lutte contre la désinformation et un accès équitable aux vaccins, traitements et outils de diagnostic, sans restrictions injustifiées sur les voyages ou le commerce international.
À travers son intervention, l’Algérie a ainsi cherché à défendre une vision fondée sur la solidarité sanitaire internationale, tout en appelant à une réforme plus équilibrée des mécanismes mondiaux de gestion des urgences de santé publique.
Nouhad Ourebzani