À l’occasion de la 2e édition d’« El Kendi Neuroscience Conférence » qui se tient à Alger les 1er et 2 mai 2025, les spécialistes de la neurologie et de la psychiatrie se sont réunis autour des dernières innovations thérapeutiques dans le domaine. Esseha, présent sur place, a recueilli les déclarations de plusieurs intervenants.
Le Dr Karim Makri, directeur marketing et commercial au sein des Laboratoires El Kendi, a présenté avec précision les objectifs et les enjeux de cet événement. « Il s’agit de la deuxième édition de cet événement scientifique qui réunit deux spécialités majeures : la neurologie et la psychiatrie, autour d’un même espace de réflexion et d’échange. Nous avons mobilisé des experts algériens et internationaux afin d’aborder deux pathologies de santé publique prioritaires : la maladie de Parkinson et les maladies psychotiques, notamment la schizophrénie ».
Il a expliqué que cette conférence intervient dans un contexte stratégique pour le laboratoire El Kendi : « Nous allons lancer sur le marché deux nouvelles molécules innovantes, développées à l’échelle internationale et qui seront produites localement. Elles viennent enrichir l’arsenal thérapeutique existant et répondre aux besoins des patients algériens ». Selon le Dr Makri, durant la première journée, d’éminents experts internationaux qui ont participé au développement de ces molécules ont présenté « les bénéfices et avantages retrouvés chez les patients ».
Au-delà de l’annonce de nouveaux traitements, l’événement se veut aussi un espace de formation et de mise à jour scientifique. « C’est notre responsabilité, en tant que laboratoire pharmaceutique, d’assurer une formation médicale, améliorer les connaissances des professionnels de la santé et faire profiter les expertises nationales et internationales autour de débats scientifiques enrichissants ».
Il a précisé, enfin, les temps forts à venir : « la seconde journée sera consacrée à des ateliers pratiques autour des stratégies de prise en charge, des options thérapeutiques disponibles et de l’approche thérapeutique la plus adéquate pour, qu’au final, le malade bénéficie de la meilleure prise en charge ».
Le Pr Olivier Rascol, professeur en neurologie et professeur de pharmacologie au CHU de Toulouse, a apporté un éclairage sur la prise en charge actuelle de la maladie de Parkinson. « Nous avons la chance, contrairement à d’autres maladies neurodégénératives, de disposer de médicaments qui corrigent efficacement le déficit en dopamine. La majorité des patients voient leurs symptômes moteurs nettement améliorés », a-t-il expliqué. Cependant, il a pointé les limites de ces traitements : « Les symptômes non moteurs comme les troubles du sommeil, la douleur ou la démence restent mal pris en charge ». Il s’est montré, toutefois, optimiste quant à l’avenir : « Des essais cliniques commencent à montrer des résultats encourageants sur des médicaments qui pourraient ralentir la progression de la maladie. Par ailleurs, de nouvelles techniques comme l’infusion continue ou la stimulation cérébrale profonde ouvrent des perspectives pour les formes sévères ».
Sur l’aspect psychiatrique, le Pr Pierre-Michel Llorca, professeur en psychiatrie et chef de service au CHU de Clermont-Ferrand, a abordé l’évolution des traitements antipsychotiques : « Ces molécules sont utilisées depuis longtemps dans les troubles schizophréniques et bipolaires mais le choix de l’antipsychotique reste parfois complexe ».
Il a mis en avant l’apport des récentes données scientifiques : « Nous avons aujourd’hui les moyens de guider ce choix en fonction de la phase de la maladie, de la tolérance et de l’efficacité des traitements. Des informations importantes dans la pratique quotidienne. Nous avons pu décliner ainsi, toutes les données scientifiques qui permettent de faire un choix avisé pour les patients, aux différentes phases de la maladie », a-t-il conclu.
Hassina Amrouni