Infarctus du myocarde : Mise au point d’un traitement à base de cellules souches

 

Nous célébrons en ce 29 septembre, la Journée mondiale du cœur, une occasion pour s’attarder sur cette nouvelle avancée scientifique qui va sans doute redonner de l’espoir à beaucoup de malades.

Une start-up de biotechnologie médicale française basée à Mulhouse a développé, en effet, une thérapie à base de cellules-souches destinée aux patients souffrant d’un infarctus du myocarde.

Loin des traitements conventionnels passant souvent par un suivi lourd voire une greffe du cœur, ce traitement est « plus léger, moins coûteux et sans risque de rejet ».

Selon le président de la start-up Cellprothera, Matthieu de Kalbermatten, les cellules souches dites « multipotentes » sont développées en laboratoire jusqu’à en avoir suffisamment pour les injecter dans le muscle du cœur. « Le procédé consiste à prélever les cellules-souches du patient au moyen d’une prise de sang. Elles sont ensuite cultivées dans un automate (StemXpand) ou un kit à usage unique (StemPack), tous les deux mis au point la start-up ».

Lorsqu’il y en a suffisamment, ces cellules sont « injectées au sein et autour des tissus lésés du myocarde ». Cette greffe autologue a l’avantage de pouvoir être effectuée en chirurgie ambulatoire.
Ce traitement permet ainsi « la régénération des tissus lésés sur une longue période » et une « amélioration de la fonction cardiaque ».

Il est à noter que les premiers essais cliniques ont été réalisés sur 7 patients souffrant d’un infarctus du myocarde sévère entre 2002 et 2007. Selon Matthieu de Kalbermatten : « Trois d’entre eux avaient besoin d’une greffe. Ils n’en ont jamais plus eu besoin » et de préciser « douze ans plus tard, ils sont toujours en vie en bonne santé. »

Les essais cliniques de phase I et II b ont débuté il y a quatre ans, laissant entrevoir des résultats « très probants », les essais de phase III devront « évaluer à plus grande échelle l’efficacité du procédé », avant de pouvoir être proposé aux patients. Pour cela, la start-up qui travaille en étroite collaboration avec plusieurs CHU de France, du Royaume-Uni et même à Singapour, se fixe comme objectif l’horizon 2025, sans exclure le fait que « certains patients puissent recevoir ce traitement avant la fin des essais » sous condition d’un avis favorable de la Haute autorité de santé (HAS) et de l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM).

Synthèse Hassina Amrouni