Journée mondiale de la justice sociale : comment l’Algérie applique les principes des Nations Unies dans son système de santé

Chaque 20 février, à l’occasion de la Journée mondiale de la justice sociale instaurée par les Nations Unies, la question de l’équité dans l’accès aux soins prend une résonance particulière. En Algérie, cette notion dépasse le simple discours pour s’inscrire dans une réalité politique et sociale construite progressivement depuis l’indépendance : considérer la santé comme un droit fondamental et non comme un privilège réservé à ceux qui en ont les moyens.

La gratuité des soins dans les établissements publics constitue sans doute le pilier historique de cette justice sociale sanitaire. Ce choix politique, parfois coûteux pour les finances publiques, traduit néanmoins une vision profondément solidaire : permettre à chaque citoyen, quelle que soit sa situation sociale ou géographique, d’accéder aux soins sans barrière financière. Cette philosophie s’est accompagnée d’un vaste programme de développement des infrastructures sanitaires, avec l’inauguration d’hôpitaux, d’établissements hospitaliers spécialisés et de structures de santé à travers l’ensemble du territoire national, y compris dans les régions du Grand Sud. Dans un pays aux dimensions continentales, rapprocher les soins du citoyen est en soi un acte de justice sociale.

L’émaillage sanitaire a également reposé sur la création des établissements publics de santé de proximité (EPSP), véritables piliers de la médecine de première ligne. Ces structures jouent un rôle essentiel dans la prévention, la vaccination, le suivi des maladies chroniques et la santé maternelle et infantile, réduisant ainsi les inégalités territoriales en matière d’accès aux soins. La santé publique ne se limite pas aux grandes infrastructures hospitalières ; elle se construit aussi dans les polycliniques, les salles de soins et les centres de prévention qui assurent une présence médicale au quotidien.

Dans cette dynamique sociale, la prise en charge des maladies lourdes représente un marqueur fort de solidarité nationale. Le président Abdelmadjid Tebboune a ainsi ordonné la prise en charge complète et immédiate des patients atteints de cancer non assurés sociaux, mesure concrétisée notamment par la remise de la carte « Chifa » aux malades concernés à partir de février 2024, permettant l’accès à environ 1 700 médicaments anticancéreux. Cette décision a constitué un tournant social majeur en soulageant des familles souvent confrontées à des coûts thérapeutiques extrêmement lourds.

Plus récemment encore, la dimension sociale de la politique sanitaire s’est renforcée avec le lancement, le 19 janvier 2026 à Alger, d’une carte électronique permettant l’accès gratuit aux médicaments pour les personnes démunies non affiliées à la sécurité sociale. Ce dispositif, appliquant un décret exécutif de 2024, garantit désormais l’accès à des milliers de traitements dans les pharmacies conventionnées, consacrant le principe selon lequel la précarité ne doit jamais être un obstacle à la santé.

La justice sociale en santé s’exprime également à travers la politique nationale de vaccination. L’Algérie a mis en place un programme élargi de vaccination infantile parmi les plus complets de la région, protégeant les enfants contre de nombreuses maladies infectieuses. Les campagnes de rappel, notamment celles contre la poliomyélite organisées périodiquement, illustrent l’engagement de l’État à préserver les générations futures, indépendamment des conditions sociales des familles.

Au-delà des soins curatifs, la dimension humaine de la politique sanitaire apparaît aussi dans la création d’unités spécialisées accessibles gratuitement pour des catégories vulnérables : centres de désintoxication pour les personnes souffrant d’addictions, structures de prise en charge des enfants atteints de troubles du spectre autistique, programmes de santé mentale ou encore dispositifs dédiés aux maladies chroniques. Ces initiatives témoignent d’une évolution vers une approche plus inclusive de la santé, intégrant les dimensions sociales, psychologiques et éducatives.

La justice sociale sanitaire ne se mesure pas uniquement par des chiffres ou des infrastructures, mais par la volonté politique de protéger les plus fragiles. Dans un contexte mondial où les systèmes de santé sont souvent soumis à la logique du marché, le modèle algérien conserve une forte orientation solidaire, héritée d’une vision où l’État demeure garant de l’équité sociale.

En cette Journée mondiale de la justice sociale, l’expérience algérienne rappelle une vérité essentielle : investir dans la santé publique, c’est investir dans la cohésion nationale. La solidarité sanitaire n’est pas seulement une politique sociale ; elle constitue un facteur de stabilité, de dignité et d’espoir pour les citoyens. Car une société juste est avant tout une société qui soigne tous ses enfants, sans distinction.

Nora S.

 

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