Journée mondiale sans tabac 2025: « Levons le masque » sur les manipulations de l’industrie du tabac

Ce 31 mai, à l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) met en lumière une réalité préoccupante : les jeunes sont de plus en plus ciblés par l’industrie du tabac, notamment à travers de nouvelles stratégies commerciales déguisées.
Le thème de cette année, « Levons le masque », appelle à une prise de conscience face aux techniques de marketing conçues pour séduire un public vulnérable.
Selon le dernier rapport de l’OMS publié en mai 2025, « l’industrie du tabac adapte sans cesse ses tactiques pour recruter une nouvelle génération de consommateurs ». Parmi ces stratégies figurent l’utilisation d’arômes fruités ou sucrés dans les cigarettes électroniques, des emballages colorés qui rappellent des confiseries, et une forte présence sur les réseaux sociaux où l’image du tabac est souvent associée à la mode ou à la réussite sociale.
L’OMS alerte : « ces techniques rendent le produit plus attractif et augmentent le risque de dépendance dès les premières consommations ». L’objectif est clair : rendre l’entrée dans la consommation plus facile, surtout pour les adolescents. Et les chiffres sont parlants : en 2022, 12,5% des jeunes de la région européenne utilisaient des cigarettes électroniques, soit un taux 6 fois plus élevé que celui observé chez les adultes.
Le tabac reste aujourd’hui la première cause évitable de mortalité dans le monde avec plus de 8 millions de décès chaque année, dont 1,3 millions sont liés à l’exposition à la fumée passive. Malgré une légère baisse globale de la consommation, le problème reste aigu, notamment dans les pays à faible revenu ou intermédiaire, où se concentrent 80 % des fumeurs, toujours selon le même rapport de l’OMS.
Face à cette épidémie mondiale, l’OMS appelle à un renforcement des politiques publiques à travers le programme MPOWER, un ensemble de six mesures recommandées depuis 2008 : surveillez, protéger, offrir une aide au sevrage, mettre en garde, faire respecter l’interdiction de publicité et augmenter les taxes. A cela s’ajoute une surveillance accrue : « Une surveillance efficace est essentielle pour comprendre l’évolution du tabagisme et ajuster les réponses politiques », insiste l’OMS dans son rapport 2025. Ce dispositif s’appuie aussi sur la Convention-cadre pour la lutte antitabac, ratifiée par 182 Etats et juridiquement contraignante depuis 2005.
L’Algérie qui a ratifié la Convention –cadre en 2006, s’est engagée dans la lutte contre le tabagisme avec une série de mesures structurantes, à savoir l’interdiction de fumer dans les lieux publics, des campagnes de sensibilisation, notamment en milieu scolaire, la création de 53 centres de sevrage tabagique et une hausse progressive des taxes, atteignant 50% en 2025. Toutefois, la situation demeure préoccupante, puisque près de 6,6 millions d’Algériens fument encore régulièrement, et plus de 15000 décès annuels sont attribués à la consommation de tabac.
L’OMS avertit : « L’industrie du tabac ne recule devant rien pour conquérir les jeunes. Elle masque les dangers de ses produits derrière des arguments fallacieux de liberté, de style ou de réduction de risques ». Elle appelle les gouvernements à renforcer la réglementation des produits alternatifs, à interdire les arômes attractifs et à limiter strictement la publicité, y compris sur les plateformes numériques.
La Journée mondiale sans tabac 2025 n’est donc pas un simple rappel de santé publique. Elle incarne un appel à l’action collective pour un avenir libéré de l’influence toxique du tabac. Il ne s’agit plus seulement de décourager les fumeurs mais de protéger la prochaine génération des dangers mortels du tabagisme.
Hassina Amrouni