Le Pr Abdessalem Benamirouche éclaire sur des pathologies complexes et des solutions pragmatiques au congrès de la SOFCOT

Lors du récent congrès de la Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT) qui s’est tenu au Palais des Congrès de Paris, le Pr Abdessalem Benamirouche, professeur hospitalo-universitaire en chirurgie orthopédique au sein du service du Pr Yakoubi à l’hôpital de Ben Aknoun, a présenté deux communications marquantes. Celles-ci ont porté sur la contracture psychogène de la main et sur le traitement des fractures isolées de la diaphyse ulnaire, mettant en lumière des pathologies aux enjeux diagnostiques et thérapeutiques complexes.

Dans une première intervention, le Pr Benamirouche s’est intéressé à la contracture psychogène de la main, une pathologie rare et méconnue. À partir de l’étude de 12 cas suivis sur une période de 13 ans, il a décrit cette affection qui touche principalement des jeunes femmes, avec un âge moyen de 32 ans. Les symptômes incluaient des déformations en « griffe » des doigts et, dans certains cas, une posture de poing fermé. Toutes les contractures ont cédé temporairement sous narcose, confirmant leur origine psychogène, mais des récidives systématiques au réveil ont compliqué le traitement. Malgré des tentatives de suivi psychiatrique, la majorité des patients n’a montré aucune amélioration notable.

La contracture psychogène, classée parmi les troubles de conversion, apparaît souvent à la suite d’un traumatisme ou d’une intervention chirurgicale. Cependant, l’absence d’étiologie organique claire rend son diagnostic difficile, avec un retard moyen de deux ans avant une prise en charge appropriée. Le Pr Benamirouche a insisté sur l’importance d’une approche multidisciplinaire combinant chirurgie, neurologie et psychiatrie. Il a également averti que l’étiquetage précoce d’une pathologie comme « psychogène » doit être manipulé avec précaution, car il peut affecter la confiance du patient envers son médecin, compromettant ainsi le traitement.

Dans sa deuxième communication, le Pr Benamirouche a abordé le traitement des fractures isolées de la diaphyse ulnaire, une blessure fréquente résultant de traumatismes directs. À travers une étude rétrospective portant sur 167 cas suivis entre 2007 et 2016, il a démontré que l’immobilisation de courte durée constitue une approche efficace. Ce traitement a permis une consolidation clinique et radiologique en huit semaines en moyenne, avec une reprise du travail au bout de quatre semaines. Les complications observées, telles que des cals hypertrophiques, étaient mineures et n’ont eu aucun impact fonctionnel, tandis qu’aucun cas de pseudarthrose ni de synostose radio-ulnaire n’a été rapporté.

Le Pr Benamirouche a souligné que l’immobilisation prolongée peut être contre-productive, favorisant des raideurs articulaires et des pseudarthroses. À l’inverse, l’absence totale d’immobilisation peut entraîner des cals hypertrophiques ou des synostoses. Une immobilisation stricte mais de courte durée, permettant un cal fibreux minimal tout en limitant l’hypermobilité du foyer de fracture, s’avère être la meilleure solution. Cette méthode, simple, économique et efficace, s’adapte parfaitement aux besoins des patients.

Ces travaux témoignent de la diversité des défis que les chirurgiens orthopédistes rencontrent. Tandis que la contracture psychogène illustre la nécessité d’une prise en charge sensible et pluridisciplinaire, les fractures de l’ulna montrent l’efficacité de solutions pragmatiques et bien adaptées. Travaillant sous la direction du Pr Yakoubi à l’hôpital de Ben Aknoun, le Pr Benamirouche contribue activement à l’avancement des connaissances médicales, offrant des réponses adaptées aux enjeux de terrain tout en s’alignant sur les standards internationaux.

Nouhad Ourebzani