Le vaccin contre le zona pourrait aussi protéger le cœur, selon une nouvelle étude

Un vaccin destiné à prévenir le zona pourrait également contribuer à réduire certaines maladies cardiovasculaires. C’est ce que suggère une étude menée par des chercheurs de l’université d’Oxford, au Royaume-Uni, auprès de plus de 72 000 personnes âgées de 60 ans et plus. Publiés dans la revue scientifique Nature Medicine, les résultats ouvrent de nouvelles perspectives sur les effets de la vaccination, même si un lien direct de cause à effet reste à démontrer.

Le vaccin contre le zona pourrait avoir des effets bénéfiques bien au-delà de la prévention de cette infection virale douloureuse. Selon une étude publiée le 26 août 2026 dans la revue Nature Medicine, les personnes ayant reçu un vaccin de nouvelle génération présentent moins de complications cardiovasculaires que celles vaccinées avec une ancienne formulation. Une observation qui intéresse particulièrement les chercheurs, alors que les maladies du cœur et des vaisseaux sanguins demeurent parmi les principales causes de mortalité dans le monde.

Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe de l’université d’Oxford a analysé les données médicales de 72 920 personnes âgées de 60 ans et plus aux États-Unis. Les chercheurs ont constitué deux groupes comparables de 36 460 personnes chacun. Le premier avait été vacciné en 2017, à une période où l’ancien vaccin vivant atténué était encore largement utilisé. Le second avait reçu sa vaccination en 2018, après l’introduction du vaccin recombinant de nouvelle génération.

Cette comparaison présente un intérêt particulier : contrairement à de précédentes recherches opposant personnes vaccinées et non vaccinées, elle porte sur deux populations ayant toutes deux choisi de se faire vacciner. Une méthode destinée à limiter certains biais, notamment ceux liés aux différences de comportement et de suivi médical.

Au terme d’un suivi pouvant atteindre sept ans, les chercheurs ont observé, dans le groupe ayant majoritairement reçu le nouveau vaccin, une diminution de 9 % de la charge globale des événements cardiovasculaires étudiés. Cette réduction atteignait 10 % pour les maladies coronariennes, qui résultent d’une mauvaise irrigation du muscle cardiaque, et 12 % pour l’insuffisance cardiaque, une affection dans laquelle le cœur ne parvient plus à assurer correctement sa fonction de pompe.

Les scientifiques ont également relevé une association favorable concernant certains accidents vasculaires cérébraux chez les hommes, ainsi qu’une diminution de la fibrillation auriculaire, un trouble du rythme cardiaque. Les résultats n’étaient toutefois pas significatifs pour l’ensemble des maladies cardiovasculaires examinées.

Ces pourcentages traduisent une diminution relative de la charge des maladies mesurée au cours du suivi. Ils ne signifient donc pas que chaque personne vaccinée bénéficie individuellement d’une réduction équivalente de son risque de crise cardiaque.

Mais comment un vaccin contre le zona pourrait-il agir sur la santé cardiovasculaire ? Le zona est provoqué par la réactivation du virus responsable de la varicelle, qui demeure dans l’organisme après une première infection. Outre les douleurs parfois persistantes qu’il provoque, cette réactivation peut s’accompagner de phénomènes inflammatoires susceptibles d’affecter les vaisseaux sanguins.

Les chercheurs envisagent plusieurs explications. La prévention de l’infection pourrait jouer un rôle, mais elle ne semble pas suffire à expliquer l’ensemble des résultats observés. L’une des hypothèses avancées concerne les effets du vaccin recombinant sur certaines réponses immunitaires et inflammatoires, qui pourraient indirectement contribuer à protéger le système cardiovasculaire. Ces mécanismes restent cependant à confirmer par des recherches spécifiques.

L’étude apporte ainsi de nouveaux éléments à un domaine scientifique en pleine exploration : celui des relations entre infections, vaccination et maladies chroniques. Elle suggère que les bénéfices de certains vaccins pourraient dépasser la seule protection contre les agents infectieux auxquels ils sont destinés.

Les auteurs appellent néanmoins à la prudence. Leur recherche repose sur l’analyse de données médicales et non sur un essai clinique conçu pour mesurer directement les effets cardiovasculaires du vaccin. Malgré les précautions méthodologiques prises, d’autres facteurs peuvent avoir influencé les résultats. Des essais cliniques seront donc nécessaires pour déterminer si le vaccin possède réellement un effet protecteur sur le cœur.

Ces conclusions ne justifient pas, à ce stade, de considérer la vaccination contre le zona comme un moyen de prévention cardiovasculaire à part entière. Elles renforcent toutefois l’intérêt scientifique porté à la vaccination des personnes âgées, chez lesquelles les infections et leurs complications peuvent avoir des conséquences particulièrement importantes.

Au-delà du zona, cette recherche invite à reconsidérer les interactions complexes entre le système immunitaire et la santé cardiovasculaire. Si les résultats sont confirmés, ils pourraient ouvrir la voie à une meilleure compréhension du rôle de la vaccination dans la prévention de certaines maladies chroniques.

Ouiza Lataman