L’Assemblée nationale française a voté à l’unanimité une proposition de loi visant à ce que l’endomètriose soit reconnue comme une affection longue durée (ALD).
La loi adoptée vise à permettre une meilleure reconnaissance institutionnelle de cette maladie chronique touchant au moins 10% des femmes ainsi qu’une prise en charge à 100% des soins dont doivent bénéficier tout au long de leur vie les femmes qui en souffrent.
L’intérêt d’une telle nouvelle est que l’acquis juridique enregistré en France peut être un référent pour d’autres États, l’Algérie compris, afin qu’ils fassent le même pas en direction des femmes qui en souffrent.
Ainsi l’endomètriose rejoint le corpus des 30 autres maladies, dont le diabète et le Parkinson, classées comme ALD. Il s’agit de pathologies “dont la gravité et/ou le caractère chronique nécessitent un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse”.
Parce que l’endométriose “est une maladie chronique, évolutive et incurable, qu’elle peut être invalidante et occasionner un traitement prolongé et particulièrement coûteux”, note la France Insoumise, parti qui a introduit ce projet de loi à l’assemblée, elle devrait être intégrée à cette liste.
Selon l’association Endomind, ce sont “80% des personnes concernées qui ressentent une limitation dans leurs tâches quotidiennes, et 40% d’entre elles qui rencontrent des problèmes de fertilité”.
Au-delà des problèmes de fertilité, l’impact de l’endométriose dans la vie de tous les jours peut être considérable.
“Cela fait 30 ans que je souffre d’endométriose. Cette saleté a détruit une bonne partie de ma vie. Elle m’a empêchée de mener une carrière, elle m’a enchaînée à ma maison, elle m’a privée de la maternité. À cause d’elle, j’ai eu de terribles douleurs qui m’ont clouée au lit pendant des années. J’ai eu 4 opérations pour essayer d’enlever les lésions qui avaient colonisé mes intestins et le reste de mon abdomen. J’ai eu 4 fécondations in vitro pour essayer d’être mère. J’ai dû subir 10 ans de traitements hormonaux absolument épouvantables”, détaille Marie-Sophie Germain, une blogueuse française.
Une enquête menée par IPSOS en 2020 révèle que 53% des femmes souffrant d’endométriose ont vu leur capacité de travail diminuer. Des témoignages de femmes font ressortir que la maladie gène énormément les plans de carrière des femmes travailleuses.
Meriem Azoune
Extrait de l’introduction du Professeur Charles Chapron dans Les idées reçues sur l’endométriose
L’endomètriose se définit comme la présence en dehors de la cavité utérine de tissu semblable à la muqueuse utérine qui subira, lors de chacun des cycles menstruels ultérieurs, l’influence des modifications hormonales.
Lors de la menstruation, sous l’effet des contractions utérines, une partie du sang est régurgité dans les trompes pour arriver dans la cavité abdomino-pelvienne. Cette théorie expliquerait la majorité des atteintes d’endométriose.
Ce sang contient des cellules endométriales, des fragments de muqueuse utérine, qui, au lieu d’être détruits par le système immunitaire, vont s’implanter puis, sous l’effet des stimulations hormonales ultérieures, proliférer sur les organes de voisinage (péritoine, ovaire, trompe, intestin, vessie, uretère, diaphragme…).
L’endométriose est ainsi responsable de douleurs pelviennes invalidantes et aussi, dans certains cas, d’infertilité. Ces symptômes ont un impact majeur sur la qualité de vie des personnes atteintes avec un retentissement important sur leur vie personnelle et conjugale mais également professionnelle et sociale