Les pétards nocturnes, une source de stress qui peut perturber les malades alités et le développement des bébés

 

À l’approche du Mawlid Ennabaoui, l’usage des pétards et autres artifices sonores connaît traditionnellement une recrudescence. Si leur bruit est souvent considéré comme un simple désagrément, les déflagrations répétées, particulièrement durant la nuit, peuvent constituer une véritable source de stress pour les personnes vulnérables, notamment les malades alités à domicile et les nourrissons.

Chez une personne malade, le sommeil n’est pas un simple moment de repos. Il participe directement à la récupération de l’organisme. Une succession de détonations soudaines peut provoquer des réveils répétés, une augmentation de l’anxiété et une difficulté à retrouver un sommeil profond. Pour les personnes déjà affaiblies par une maladie, ces perturbations peuvent rendre la récupération plus difficile et accentuer la fatigue au lendemain.

Le problème est encore plus sensible chez les personnes alitées qui vivent leur maladie à domicile. Contrairement à un établissement de santé où certaines conditions peuvent être contrôlées, elles sont directement exposées aux bruits provenant de la rue ou du voisinage. Une détonation imprévisible peut provoquer une réaction de sursaut et un sentiment d’insécurité, particulièrement chez les personnes âgées ou celles dont l’état général est fragile.

Chez les bébés, la question mérite également une attention particulière. Le nourrisson possède un système nerveux encore en plein développement et son sommeil joue un rôle essentiel dans sa croissance et sa maturation. Des bruits soudains et répétés peuvent interrompre son sommeil, provoquer des pleurs, augmenter son agitation et perturber son rythme veille-sommeil.

Il ne faut toutefois pas présenter chaque détonation comme une menace directe pour le développement neurologique d’un bébé. Les données scientifiques permettent surtout d’établir que le sommeil régulier et suffisamment réparateur est important pour le développement du jeune enfant, tandis que les nuisances sonores répétées constituent un facteur susceptible de perturber ce sommeil.

Dans les familles ayant un bébé ou une personne malade à domicile, la prévention passe donc aussi par le respect du calme nocturne. Le problème n’est pas seulement le volume sonore d’un pétard, mais son caractère brutal, soudain et imprévisible.

À la veille du Mawlid Ennabaoui, cette réalité doit être rappelée : célébrer une occasion religieuse ne devrait pas transformer la nuit des malades et des nourrissons en succession de réveils et de frayeurs. Le respect du voisinage et des personnes vulnérables constitue aussi une forme de responsabilité collective.

Nouhad Ourebzani