Les pharmaciens d’officine algériens, sous la houlette du Syndicat National des Pharmaciens d’Officine (SNAPO), ont exprimé, le 4 janvier 2025, une profonde inquiétude face à une situation qu’ils jugent préoccupante pour l’avenir de leur profession. Dans un communiqué, le SNAPO tire la sonnette d’alarme face à des rumeurs et déclarations menaçant l’existence même des pharmaciens d’officine en Algérie. À un moment où le pays fait face à des défis sanitaires majeurs, la profession semble sur le point de basculer dans une période de grande incertitude.
Depuis des années, les pharmaciens d’officine sont des acteurs incontournables dans les réformes majeures lancées par l’État. Ils ont contribué activement à la promotion de la production pharmaceutique nationale, à la mise en œuvre du système de tiers payant et du programme « Chifa », ainsi qu’à l’élargissement de l’accès aux soins dans les zones enclavées, notamment par l’ouverture de milliers de pharmacies. Leur rôle n’a cessé de se renforcer dans un contexte sanitaire qui exige une réactivité et une proximité accrues avec les citoyens.
De nouveaux défis pour un secteur en mutation
Cependant, les défis à venir sont nombreux et imposent une évolution du cadre réglementaire. La prise en charge des maladies rares, la disponibilité des biomédicaments, la numérisation du secteur de la santé et la stabilité du marché pharmaceutique figurent parmi les priorités. Dans ce contexte, les pharmaciens espèrent évoluer dans un environnement stable, qui leur permette de continuer à jouer leur rôle clé dans le système de santé. Toutefois, la profession traverse actuellement des turbulences sans précédent sur le plan économique, social et professionnel, générant un climat de grande inquiétude au sein de la corporation.
L’une des attentes majeures des pharmaciens repose sur la mise en application de la loi sanitaire 18-11. Cette dernière, qui prévoit des réformes de grande ampleur dans le domaine de la santé, reste pour l’instant sans réelle traduction réglementaire. La mise en place des nouveaux services en officine, l’élargissement des pratiques, ainsi que la définition d’un statut clair pour les pharmaciens titulaires et assistants, demeurent des priorités non concrétisées. Le manque de textes d’application vient ajouter à l’incertitude, exacerbant le sentiment de frustration parmi les professionnels.
Un climat tendu, amplifié par l’absence de concertation
Au-delà de l’attente légitime des pharmaciens concernant les réformes promises, un climat de tensions et de rumeurs pèse lourdement sur le secteur. Des informations circulent sur des décisions potentielles qui, si elles se confirmaient, mettraient en péril l’avenir de la profession. Cette incertitude a généré une situation de crise au sein de la corporation, qui se dit quotidiennement interpellée par des pharmaciens inquiets pour leur avenir.
Dans ce contexte, le SNAPO a rappelé son engagement pour un dialogue constructif avec les autorités. Le syndicat insiste sur la nécessité d’une concertation réelle et transparente dans l’élaboration des réformes réglementaires, notamment en ce qui concerne le code de déontologie des pharmaciens. Ce processus de concertation, lancé en mai 2024 avec la mise en place d’un comité de travail, devrait permettre d’élaborer des textes d’application qui répondent aux besoins réels de la profession.
Le besoin de transparence et de garanties pour l’avenir
Le SNAPO réaffirme son attachement aux principes de transparence et de concertation, comme l’a souligné à plusieurs reprises le président de la République. Les réformes du secteur pharmaceutique doivent se faire dans un climat serein et en impliquant toutes les parties prenantes, afin d’éviter des décisions hâtives ou unilatérales. Le syndicat appelle donc les pouvoirs publics à prendre des mesures fortes pour rassurer les pharmaciens et garantir un avenir à la profession.
Malgré les tensions, le SNAPO reste fidèle à ses principes de défense de la profession et de la santé publique. Mais face aux menaces qui pèsent sur le secteur, il souligne qu’il est de son devoir de défendre les intérêts des pharmaciens et d’assurer la pérennité de leur mission essentielle. La profession est à un tournant, et un engagement ferme des autorités est désormais indispensable pour restaurer la confiance et offrir aux pharmaciens un environnement stable et favorable à leur développement.
Tinhinane B