Dans un nouvel épisode de l’émission « Sahtek Bin Yedik » (صحتك بين يديك), animée par Samira Faidi, le neurochirurgien et spécialiste du rachis, le Dr Guidoum Oussama, offre des éclairages essentiels sur l’hernie discale. Un problème courant de la colonne vertébrale, souvent à l’origine de douleurs chroniques et invalidantes.
Le Dr Guidoum a expliqué que l’hernie discale survient lorsqu’un morceau du centre du disque intervertébral, appelé « nucleus pulposus », s’échappe par une fissure de la périphérie du disque. Cette fuite peut entraîner une pression sur le nerf sciatique, provoquant une douleur intense, souvent qualifiée de handicapante. « Dans un cas sur deux, l’hernie discale est à l’origine de douleurs au niveau du nerf sciatique », a précisé le spécialiste.
Interrogé sur les options de traitement, le Dr Guidoum a souligné que « dans 85 % des cas, la chirurgie n’est pas nécessaire ». Le traitement repose généralement sur des médicaments pour réduire l’inflammation et la douleur, associés à une période de repos. Ce protocole, appliqué sur une durée de 15 à 60 jours, s’accompagne d’un arrêt de travail pour favoriser la récupération. Une fois la douleur apaisée, le patient est dirigé vers des séances de rééducation fonctionnelle incluant la physiothérapie et des exercices, tels que la natation ou la marche, pour renforcer les muscles.
Cependant, pour 15 % des patients, la chirurgie devient incontournable. Parmi ces cas, 5 % relèvent d’une urgence, comme dans le cadre du syndrome de la queue de cheval ou d’une douleur insupportable (hyperalgie). Les 10 % restants concernent des situations non urgentes où la douleur chronique résiste aux traitements.
Le Dr Guidoum a également insisté sur l’évolution des pratiques chirurgicales : « Aujourd’hui, nous privilégions des techniques mini-invasives, microscopiques ou endoscopiques, qui respectent l’anatomie du dos ». Ces approches modernes permettent aux patients de se lever quelques heures après l’intervention, réduisant ainsi la durée de convalescence.
Toutefois, des rechutes peuvent survenir si les patients ne respectent pas les consignes post-opératoires. « Il est crucial d’éviter les mouvements excessifs durant les 45 premiers jours pour permettre une bonne cicatrisation musculaire », a-t-il averti. Passée cette période, la rééducation fonctionnelle devient indispensable pour reprendre progressivement une vie normale, tout en évitant les excès physiques.
Enfin, le Dr Guidoum a insisté sur l’importance de l’implication du patient dans son traitement : « Le patient atteint d’hernie discale doit être un partenaire actif. Qu’il soit opéré ou non, le respect des recommandations médicales est essentiel pour prévenir les récidives et améliorer sa qualité de vie ».
Hassina Amrouni
