Repas du soir et qualité du sommeil durant le Ramadan : ce qu’il faut savoir

Pendant le mois de Ramadan, le rythme de vie change profondément, et avec lui le sommeil. Les horaires des repas sont décalés, les soirées s’allongent, les réveils nocturnes deviennent fréquents pour le shour, et l’organisme doit s’adapter à une nouvelle organisation biologique. Dans ce contexte, l’alimentation joue un rôle souvent sous-estimé mais pourtant essentiel dans la qualité du repos. Ce que l’on mange, la quantité consommée et l’heure des repas peuvent soit favoriser un sommeil réparateur, soit au contraire perturber l’endormissement et fragmenter la nuit.

Après une longue journée de jeûne, il est naturel d’avoir envie de manger davantage au moment de la rupture. Pourtant, les repas très lourds, riches en graisses ou en sucres rapides tard dans la nuit demandent un effort digestif important à l’organisme. La digestion mobilise de l’énergie, augmente la température corporelle et peut provoquer des reflux ou des inconforts abdominaux, autant de facteurs qui compliquent l’endormissement. Résultat : on s’endort plus difficilement, le sommeil est moins profond et les réveils nocturnes deviennent plus fréquents. À l’inverse, privilégier des repas équilibrés, composés de protéines légères, de glucides complexes et de légumes riches en eau facilite le travail digestif et permet au corps de se préparer naturellement au repos.

L’hydratation joue également un rôle clé. Pendant Ramadan, la fenêtre d’hydratation est limitée, et une insuffisance en eau peut accentuer la fatigue, les maux de tête et la sensation de sommeil non réparateur. Boire régulièrement entre l’iftar et le coucher, sans excès juste avant de dormir, contribue à maintenir un bon équilibre physiologique et améliore indirectement la qualité du sommeil. Les boissons excitantes comme le café, le thé fort ou certaines sodas consommées tardivement peuvent aussi retarder l’endormissement en stimulant le système nerveux, ce qui explique pourquoi certaines personnes ressentent une agitation nocturne malgré la fatigue.

Au-delà de l’alimentation, les habitudes du soir influencent fortement le repos. L’exposition aux écrans lumineux avant de dormir envoie au cerveau un signal contradictoire, comme si la journée continuait. La lumière bleue bloque la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil, et retarde l’endormissement. Pendant Ramadan, où les horaires sont déjà inhabituels, réduire l’usage du téléphone ou de la télévision avant le coucher aide le cerveau à comprendre que la nuit commence réellement. Créer un petit rituel apaisant — lumière tamisée, lecture calme, prière ou respiration profonde — peut grandement faciliter la transition vers le sommeil.

Il est important de rappeler que la fatigue ressentie pendant Ramadan n’est pas uniquement liée au manque de sommeil, mais souvent à sa mauvaise qualité. Quelques ajustements simples dans l’alimentation et les habitudes nocturnes peuvent transformer les nuits et permettre de profiter pleinement de la dimension spirituelle et sociale du mois sans épuisement. En réalité, Ramadan peut même devenir une opportunité de réapprendre à écouter son corps, à manger avec modération et à adopter un rythme plus respectueux de ses besoins physiologiques. Lorsque digestion et sommeil sont en harmonie, l’énergie diurne s’améliore naturellement, et le jeûne devient plus facile à vivre, aussi bien physiquement que mentalement.

Nouhad Ourebzani

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