Saidal accélère sa stratégie industrielle avec l’ambition d’atteindre un chiffre d’affaires d’un milliard de dollars

 

Le Groupe Saidal engage une nouvelle étape de son développement industriel avec une feuille de route visant à renforcer la production pharmaceutique nationale, réduire la dépendance aux importations et faire progresser son chiffre d’affaires jusqu’au seuil d’un milliard de dollars. Cette stratégie s’appuie notamment sur le développement de la production de matières premières pharmaceutiques et sur l’extension des capacités du groupe dans des secteurs à forte valeur ajoutée.

Le chantier de l’usine de Harbil, dans la wilaya de Médéa, occupe une place centrale dans cette nouvelle dynamique. Le directeur général du Groupe Saidal, Younes Bouarara, a effectué lundi 24 août une visite de suivi du projet consacré à la fabrication de matières premières destinées notamment aux antibiotiques. L’objectif est de renforcer progressivement l’intégration industrielle et de réduire le recours aux approvisionnements extérieurs.

L’enjeu économique est important. Selon les données rapportées, l’Algérie consacre environ 75,4 milliards de dinars par an à l’importation d’antibiotiques et de leurs composants. La production locale des principes actifs doit ainsi contribuer à limiter cette facture tout en sécurisant l’approvisionnement du marché national.

Au-delà des antibiotiques, la stratégie de Saidal s’inscrit dans une orientation plus large destinée à développer des produits pharmaceutiques à plus forte valeur ajoutée. Le groupe a déjà identifié plusieurs axes de développement, notamment les matières premières, les médicaments biologiques, les biosimilaires, les vaccins, l’insuline, les produits d’oncologie ainsi que les technologies liées à la thérapie cellulaire.

Cette politique repose également sur le développement de la recherche et de l’innovation. En 2026, Saidal a notamment engagé des démarches de coopération avec des partenaires internationaux afin de favoriser le transfert technologique et la production locale de produits biotechnologiques. Des partenariats portent notamment sur la formation, le développement des compétences en biotechnologie et la fabrication de produits destinés notamment au traitement du cancer.

Le groupe cherche également à renforcer sa présence sur le marché africain. Saidal a présenté plusieurs projets destinés à développer ses capacités de production et à contribuer à la disponibilité des médicaments dans les pays africains, notamment dans les pays voisins.

La nouvelle feuille de route apparaît ainsi comme une volonté de faire évoluer Saidal d’un rôle centré principalement sur la production destinée au marché national vers un modèle industriel davantage intégré, fondé sur la maîtrise des matières premières, l’innovation, les partenariats technologiques et le développement de nouveaux marchés.

L’usine de Harbil constitue, dans cette perspective, un projet stratégique. En produisant localement certains composants indispensables à la fabrication des médicaments, elle doit contribuer à renforcer la souveraineté pharmaceutique de l’Algérie tout en créant les conditions nécessaires à une montée en puissance industrielle du Groupe Saidal.

L’objectif du milliard de dollars de chiffre d’affaires représente donc davantage qu’une simple ambition financière. Il traduit la volonté de positionner le groupe public comme un acteur pharmaceutique capable de couvrir une part croissante des besoins nationaux, de développer des produits à haute valeur ajoutée et, à terme, de renforcer ses capacités d’exportation. Cette transformation dépendra toutefois de la concrétisation des différents projets industriels, de leur calendrier de réalisation et de la capacité du groupe à transformer ses investissements en capacités de production compétitives.

Nouhad Ourebzani