Santé des femmes : une alerte mondiale sur le dépistage et le bien-être

Le dernier rapport de l’Hologic Global Women’s Health Index tire la sonnette d’alarme sur la santé et le bien-être des femmes à travers le monde. Pour la première fois depuis sa création, l’étude révèle une baisse inquiétante du dépistage des cancers, symbole d’une tendance globale à la détérioration des soins de santé féminins.

Une chute alarmante des dépistages

Seules 10 % des femmes interrogées déclarent avoir effectué un dépistage du cancer au cours de l’année écoulée, contre 12 % les années précédentes. Ce recul, bien que marginal en apparence, illustre un relâchement global dans la prévention des maladies graves, particulièrement dans les régions défavorisées.

La situation est encore plus préoccupante pour le dépistage du VIH. Moins de 0,5 % des femmes ont été testées dans certains pays, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, tandis qu’aucune nation n’atteint un taux de dépistage supérieur à 41 %. Globalement, seules 6 % des femmes ont déclaré avoir réalisé un dépistage du VIH au cours de l’année écoulée.

Pour Stephen P. MacMillan, PDG de Hologic, « le déclin choquant des tests de dépistage est un signal d’alarme. Le statu quo ne fonctionne pas. Il faut des stratégies innovantes et une collaboration accrue pour améliorer durablement la santé des femmes dans le monde. »

Des inégalités criantes

Le rapport met également en lumière des défis majeurs touchant les femmes au quotidien :

Insécurité alimentaire : 38 % des femmes déclarent avoir souffert de faim au cours de l’année écoulée, un record en près de deux décennies.

Précarité du logement : 32 % affirment ne pas pouvoir se permettre un logement convenable.

Santé mentale dégradée : 42 % des femmes se sentent inquiètes, 30 % tristes, et 35 % déclarent ne pas se sentir en sécurité dans leur environnement.

Douleurs chroniques : 34 % rapportent des douleurs physiques significatives affectant leurs activités quotidiennes.

Ces chiffres soulignent l’ampleur des inégalités auxquelles les femmes sont confrontées, en particulier dans les pays à faible revenu.

Quelques progrès encourageants

Malgré ces constats alarmants, certains pays montrent des signes positifs. Depuis la première édition de l’indice, 28 nations, dont le Kazakhstan, le Kenya, la Pologne et le Venezuela, ont vu leur score s’améliorer de manière significative. Taiwan reste en tête pour la quatrième année consécutive avec un score de 68 sur 100, suivi du Koweït (67) et de la Suisse (65). À l’opposé, des pays comme l’Afghanistan (30) et la République démocratique du Congo (34) figurent parmi les plus mal classés.

Une responsabilité collective

Avec un score global stagnant à 53 sur 100, l’indice met en évidence l’urgence d’agir pour améliorer la santé et le bien-être des femmes dans le monde. Reposant sur les réponses de 146 000 personnes dans 142 pays, l’étude représente 97 % des femmes âgées de 15 ans et plus.

Face à ces défis, il est impératif d’intensifier les efforts pour garantir à toutes les femmes un accès équitable à la prévention, aux soins et à des conditions de vie dignes. L’avenir de la santé mondiale passe nécessairement par la prise en compte des besoins spécifiques des femmes, et des actions concrètes doivent être mises en place dès maintenant pour inverser cette tendance inquiétante.

Amina Azoune