Une découverte clé éclaire le rôle d’une enzyme dans la défense naturelle de nos organes

Des chercheurs ont mis en lumière un mécanisme essentiel du système immunitaire : pour devenir des cellules protectrices efficaces dans nos organes, certaines cellules du sang ont besoin d’une enzyme précise, appelée DHPS. Cette avancée, publiée dans la revue Nature, aide à mieux comprendre comment notre corps se défend au quotidien et maintient l’équilibre de ses tissus.

Dans notre organisme, les macrophages jouent un rôle central mais discret. Présents dans presque tous les organes, ces « éboueurs » et sentinelles de l’immunité éliminent les cellules mortes, participent à la réparation des tissus et aident à contrôler les inflammations. Une partie d’entre eux est déjà en place dès la naissance, tandis que d’autres proviennent de cellules circulant dans le sang, les monocytes, qui sont mobilisées en cas de blessure ou d’infection.

L’étude montre que le passage de ces monocytes vers de véritables macrophages installés durablement dans les tissus n’est pas automatique. Il dépend fortement de l’action de la DHPS, une enzyme qui permet à la cellule d’activer correctement certaines protéines indispensables à sa maturation. Sans cette enzyme, les monocytes arrivent bien dans les organes, mais restent bloqués à mi-chemin : ils ne deviennent pas pleinement fonctionnels et n’assument pas correctement leur rôle protecteur.

Concrètement, les chercheurs ont observé que, en l’absence de DHPS, ces cellules ont du mal à s’ancrer dans les tissus, à communiquer avec leur environnement et à remplir leurs missions de nettoyage et de réparation. Les organes concernés se retrouvent alors moins bien protégés, avec un risque accru de déséquilibre ou d’inflammation persistante.

Cette découverte est importante car elle révèle un lien direct entre le fonctionnement interne des cellules et l’efficacité de notre immunité locale. Elle suggère aussi que des perturbations de ce mécanisme pourraient contribuer à certaines maladies inflammatoires chroniques, à des troubles de la cicatrisation ou à l’affaiblissement du système immunitaire avec l’âge.

En identifiant le rôle central de la DHPS, les chercheurs ouvrent la voie à de nouvelles pistes de recherche. À long terme, mieux comprendre ce processus pourrait permettre d’imaginer des traitements visant à renforcer ou rétablir le bon fonctionnement des macrophages, et ainsi améliorer la capacité naturelle du corps à se défendre et à se réparer.

Nouhad Ourebzani

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accept Read More