Une étude alarmante publiée lundi dans la revue Nature Medicine révèle que, si les tendances actuelles se poursuivent, le nombre de nouveaux cas de cancer du sein pourrait atteindre 3,2 millions par an d’ici le milieu du siècle, entraînant 1,1 million de décès annuels.
Le rapport met en lumière un déséquilibre frappant : les pays à revenu faible et intermédiaire porteront l’essentiel de ce fardeau, en raison d’un accès limité aux services de dépistage précoce, aux traitements et aux soins adaptés.
Le cancer du sein demeure le cancer le plus fréquent chez les femmes et le deuxième cancer le plus courant à l’échelle mondiale. Rien qu’en 2022, 2,3 millions de nouveaux cas ont été diagnostiqués, avec 670 000 décès recensés.
Cependant, les disparités régionales sont marquantes. Les taux d’incidence les plus élevés ont été observés en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Amérique du Nord et en Europe du Nord. À l’inverse, les régions d’Asie du Sud-Centre et certaines zones d’Afrique enregistrent les taux les plus faibles.
Les taux de mortalité, eux, sont particulièrement préoccupants dans des régions telles que la Mélanésie, la Polynésie et l’Afrique de l’Ouest, où l’accès limité aux soins de santé contribue à des résultats nettement plus défavorables.
Les chiffres soulignent l’impact des inégalités économiques sur la survie des patientes. Dans les pays à revenu élevé, environ 83 % des femmes diagnostiquées avec un cancer du sein survivent. En revanche, dans les pays à faible revenu, plus de la moitié des patientes décèdent des suites de la maladie.
Face à cette situation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé en 2021 l’Initiative mondiale contre le cancer du sein, visant à réduire la mortalité de 2,5 % par an, ce qui permettrait d’éviter 2,5 millions de décès d’ici 2040.
Cette initiative se concentre sur trois axes majeurs :
• Le dépistage précoce
• Le diagnostic rapide
• L’accès à un traitement de qualité
Le Dr Isabelle Soerjomataram, directrice adjointe de la branche de surveillance du cancer au Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), a souligné l’importance de collecter des données fiables pour orienter les politiques de santé, en particulier dans les pays à revenu faible.
Le rapport insiste sur l’urgence de renforcer les systèmes de santé, d’accroître le financement des programmes de dépistage et de promouvoir des politiques de prévention rentables.
Alors que les projections indiquent une augmentation dramatique des cas et des décès, la communauté internationale fait face à un défi majeur. Une action concertée est indispensable pour éviter que des millions de vies ne soient perdues face à une maladie de plus en plus prévisible et traitable.
Amina Azoune