L’Algérie amorce un repositionnement discret dans le secteur pharmaceutique, en cherchant à dépasser la logique de couverture du marché intérieur pour s’insérer dans les circuits internationaux d’approvisionnement. La rencontre tenue le 16 avril 2026 entre le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, et le directeur régional Moyen-Orient et Afrique du Nord de l’UNICEF, Édouard Beigbeder, en présence de la représentante de l’organisation en Algérie, Katarina Johansson, s’inscrit dans cette dynamique.
Au-delà du cadre institutionnel, les échanges ont porté sur les possibilités d’intégrer les mécanismes d’achat et de distribution de l’UNICEF, qui approvisionne de nombreux pays, notamment en Afrique. Pour l’Algérie, l’enjeu consiste à se positionner comme fournisseur dans un système structuré, fondé sur des exigences de qualité, de traçabilité et de continuité.
Les autorités mettent en avant une production locale couvrant environ 83 % des besoins nationaux. Ce niveau, en progression par rapport aux années précédentes, ouvre la perspective d’un excédent orienté vers l’exportation. Mais ce passage suppose une adaptation à des normes plus strictes et à des contraintes logistiques propres aux chaînes d’approvisionnement internationales.
L’intérêt exprimé par l’UNICEF pour développer une coopération, notamment dans le domaine des médicaments et des vaccins destinés aux enfants, suggère une possibilité d’évolution vers des partenariats plus opérationnels. Une telle orientation impliquerait une intégration progressive dans des dispositifs d’achat centralisés, où la régularité de l’offre et la conformité aux standards constituent des conditions déterminantes.
Dans le même temps, l’Algérie met en avant une approche élargie, fondée sur l’accompagnement de pays africains à travers le transfert de compétences et la formation. Cette dimension traduit une volonté d’inscrire la politique pharmaceutique dans un cadre régional, au-delà de la seule logique commerciale.
Ce mouvement intervient dans un contexte où les questions d’approvisionnement en médicaments et de production locale occupent une place croissante dans les politiques publiques. Pour l’Algérie, l’enjeu n’est plus uniquement de répondre à la demande interne, mais de tester sa capacité à s’insérer dans des circuits structurés, où la crédibilité se construit dans la durée et sous contrainte de normes élevées.
Tinhinane B