Le Centre d’hémobiologie et de transfusion sanguine du Centre hospitalo-universitaire Mustapha a organisé, les 15 et 16 avril, une master class pratique de haut niveau consacrée à l’utilisation de la cytométrie en flux de nouvelle génération (NGF) dans l’évaluation de la maladie résiduelle minimale (MRD) dans les leucémies aiguës lymphoblastiques de type B (LAL-B).
Placée sous la direction du professeur Issam Friga, cette formation spécialisée a réuni un groupe restreint de huit experts issus de différents laboratoires et services hospitaliers impliqués dans la prise en charge des hémopathies malignes à travers le pays. L’objectif principal était de proposer un encadrement intensif basé sur l’apprentissage pratique, l’échange d’expériences et le renforcement des compétences techniques dans un domaine en constante évolution.
Encadrée par un expert de la société BD Biosciences, la session s’est distinguée par une approche pédagogique axée sur des cas cliniques réels. Les participants ont ainsi pu suivre l’ensemble du processus analytique, depuis les étapes pré-analytiques, telles que la préparation des échantillons et le choix des panels d’anticorps, jusqu’aux phases de calibration des équipements, d’acquisition des données et d’analyse multidimensionnelle via le logiciel Infinicyt. L’ensemble de ces procédures a été réalisé conformément à des protocoles standardisés (SOPs) reposant sur les recommandations internationales du consortium EuroFlow.
Au-delà de la formation technique, cette master class a également permis de mettre en lumière l’expérience du centre, qui a déjà analysé plus de 300 cas de MRD chez des patients atteints de LAL-B. Les intervenants ont souligné que la MRD constitue aujourd’hui le facteur pronostique le plus déterminant dans ce type de leucémie, influençant directement les décisions thérapeutiques et le suivi des patients.
Les avancées technologiques présentées permettent désormais une détection extrêmement sensible de la maladie, capable d’identifier une cellule cancéreuse parmi 100 000 cellules normales (10⁻⁴). Cette précision accrue offre aux cliniciens un outil essentiel pour évaluer la réponse au traitement et ajuster les stratégies thérapeutiques en conséquence.
Les organisateurs ont insisté sur l’importance de la standardisation des pratiques, considérée comme un pilier fondamental pour garantir la fiabilité des résultats et harmoniser les méthodes d’analyse selon les normes internationales. Cette démarche vise à renforcer la qualité des diagnostics et à assurer une meilleure comparabilité des données entre les différents centres.
En conclusion, l’adoption des techniques avancées d’évaluation de la MRD selon des standards internationaux représente une avancée majeure pour le système de santé national. Elle ouvre la voie à une amélioration significative des résultats cliniques, à une réduction des taux de mortalité et à une utilisation plus ciblée des thérapies innovantes désormais disponibles en Algérie.
Nora S.