Le ministre de la Santé, le Pr Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a présidé ce samedi 13 juin 2026 au Centre international des conférences Abdelatif-Rahal à Alger l’ouverture des travaux de la rencontre scientifique internationale consacrée à la recherche en cancérologie, organisée sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, sous le thème : « Vision, priorités et partenariats ».
La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Industrie pharmaceutique, Dr Wassim Kouidri, du président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, le Pr Kamel Sanhadji, du président de la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, du président du Conseil du renouveau économique algérien, Kamel Moula, ainsi que de la présidente du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé, de nombreux experts, chercheurs et représentants d’institutions nationales et internationales.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre de la Santé a souligné que cette rencontre s’inscrit dans la vision des hautes autorités du pays qui placent la santé, la recherche scientifique et l’innovation au cœur des politiques publiques et du développement national. Il a rappelé que l’événement intervient dans un contexte marqué par l’adoption de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre le cancer 2025-2035.
Évoquant l’ampleur du défi à l’échelle mondiale, le ministre a indiqué que le cancer demeure l’une des principales causes de morbidité et de mortalité dans le monde, avec près de 20 millions de nouveaux cas et 10 millions de décès enregistrés chaque année. Selon les projections de l’Agence internationale de recherche sur le cancer, ce chiffre pourrait dépasser 35 millions de nouveaux cas à l’horizon 2050.
Sur le plan national, le ministre a relevé que le cancer constitue un défi croissant pour l’Algérie en raison de l’allongement de l’espérance de vie, des changements des modes de vie et de l’exposition accrue aux facteurs de risque tels que le tabagisme, la mauvaise alimentation, la sédentarité et certains facteurs environnementaux.
Les données du réseau national des registres du cancer font état de plus de 56 000 nouveaux cas recensés en 2023, soit une hausse de plus de 34 % en moins de dix ans. Le cancer du sein demeure le plus fréquent chez les femmes, tandis que les cancers de la prostate, du poumon et du côlon figurent parmi les plus répandus chez les hommes.
Face à cette situation, le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer la recherche scientifique afin de mieux comprendre les spécificités épidémiologiques nationales et de développer des solutions adaptées au contexte algérien. Il a rappelé que les avancées du diagnostic de précision, de la génétique, de l’intelligence artificielle et de l’analyse des données ouvrent de nouvelles perspectives pour une médecine plus personnalisée et plus efficace.
Le ministre a également mis en avant les efforts consentis par l’État pour améliorer la prise en charge des patients. L’Algérie dispose aujourd’hui de 15 centres de lutte contre le cancer, de 24 centres de radiothérapie, de 61 accélérateurs linéaires et a intégré 52 traitements innovants dans son arsenal thérapeutique. Il a également réaffirmé l’importance du dépistage précoce, notamment pour les cancers du sein et du col de l’utérus.
Abordant la question de la recherche clinique, le Pr Aït Messaoudene a indiqué que plus de 320 études cliniques ont été réalisées en Algérie au cours des quinze dernières années, dont plus de 20 % dans le domaine de l’oncologie. Il a précisé que 57 essais cliniques sur le cancer sont actuellement en cours, avec une place grandissante accordée aux technologies numériques et à l’intelligence artificielle.
Le ministre a enfin réaffirmé l’engagement de son département à soutenir la recherche scientifique et clinique, à encourager l’innovation et à promouvoir les compétences nationales, tout en consolidant les partenariats nationaux et internationaux. Il a souligné que la réussite de la lutte contre le cancer repose sur une mobilisation collective associant chercheurs, universités, établissements de santé, institutions publiques, partenaires économiques, organisations internationales et société civile.
À l’issue de son intervention, le ministre a exprimé le souhait que cette rencontre débouche sur des recommandations concrètes susceptibles d’accompagner la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre le cancer et de renforcer durablement les capacités de recherche et d’innovation dans ce domaine.
Nouhad Ourebzani