A l’occasion d’un nouvel épisode de « Sahtek Bin Yeddik », le journal Esseja met en lumière un pilier fondamental de notre bien-être : le sommeil. Pour en parler la rédaction accueille Mme Sabrina Mokrane, psychologue, qui livre une analyse claire et sans détour sur l’importance du repos nocturne, notamment durant le mois de jeûne.
D’emblée, elle rappelle une vérité fondamentale : « Le sommeil c’est une base de la santé physique et mentale ». Selon elle, « une personne qui ne dort pas bien ne peut pas être en bonne santé », car le repos nocturne répond à un « impératif biologique ». Contrairement aux idées reçues, « on ne peut pas récupérer un cycle de sommeil perdu ». Le sommeil n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale. C’est durant ces heures précieuses que le cerveau effectue « une mise à jour à toutes les fonctions vitales » et que le corps « se nettoie des toxines accumulées à cause des tensions quotidiennes et des facteurs psychologiques ». En son absence, ce processus ne s’accomplit pas correctement, entraînant « une fatigue physique et mentale », et fragilisant l’équilibre somatique et psychique.
La spécialiste insiste également sur un point crucial : « Le sommeil, c’est la nuit ».Il est intimement lié à la baisse de luminosité et au respect du rythme biologique naturel. « Le sommeil nocturne ne se récupère pas par une sieste », affirme-t-elle. Ainsi, durant le Ramadhan, veiller tard en pensant compenser par quelques heures en journée est une erreur. « Une sieste ne remplace pas un cycle complet de 90 minutes », et ces décalages finissent par perturber l’ensemble des cycles de sommeil.
Chaque individu possède son propre profil de dormeur. Si la moyenne se situe entre « 7 à8 heures », certains se contentent de 6heures quand d’autres ont besoin de 8 voire 10 heures pour se sentit réellement reposés. Pendant le Ramadhan, toutefois, le rythme change, l’alimentation devient plus riche et la consommation d’excitants en soirée, comme le café ou le thé, augmente. « Tous ces facteurs impactent la qualité du sommeil. Résultat : mauvaise humeur, irritabilité, baisse d’énergie, … ».
Enfin, Mme Mokrane souligne que « ce n’est pas le Ramadhan qui nous rend moins fonctionnels mais notre manque d’adaptation ». Pour elle, « la prise de conscience de l’importance de notre santé est la première étape vers une meilleure organisation et un équilibre durable ».
Hassina Amrouni