Chaque 4 mars, la Journée mondiale de l’obésité mobilise les professionnels de la santé et les institutions du monde entier pour sensibiliser à cette maladie chronique et encourager des actions concrètes en matière de prévention. En Algérie, l’obésité est devenue un enjeu de santé publique alarmant, touchant une part croissante de la population, notamment les jeunes et les enfants.
Face à cette situation préoccupante, la Société algérienne d’obésité et maladies métaboliques (SAOMM) tire la sonnette d’alarme et appelle à une mobilisation collective impliquant les autorités sanitaires, les professionnels de santé, les établissements éducatifs et l’ensemble des citoyens.
Un fléau en progression constante
Les chiffres de l’étude STEPWISE 2017 de l’OMS sont édifiants : 30,1 % des femmes et 14,1 % des hommes en Algérie sont en situation d’obésité, tandis que 13,4 % des enfants sont touchés. Cette évolution alarmante s’explique par plusieurs facteurs :
• Une alimentation déséquilibrée, riche en sucres et en graisses, mais pauvre en nutriments essentiels.
• La sédentarité, aggravée par l’essor du numérique et la diminution des activités physiques.
• Le stress et le manque de sommeil, qui perturbent les comportements alimentaires.
• L’insuffisance d’éducation nutritionnelle, freinant la prise de conscience des dangers d’une mauvaise alimentation.
Les conséquences de cette épidémie sont lourdes : diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, hypertension artérielle et certains cancers. Sans une stratégie nationale efficace, ce fardeau sanitaire risque d’entraîner une pression accrue sur le système de santé algérien.
Une stratégie nationale urgente et nécessaire
À l’occasion de la Journée mondiale de l’obésité, la SAOMM plaide pour l’élaboration d’un plan national ambitieux, impliquant plusieurs secteurs (santé, éducation, agriculture, communication…) afin de freiner cette progression inquiétante. Parmi les mesures prioritaires :
• Renforcer la sensibilisation et l’éducation nutritionnelle, pour mieux informer sur les dangers du surpoids et promouvoir des habitudes alimentaires saines.
• Encourager la pratique régulière d’une activité physique, notamment dans les écoles, les entreprises et les espaces publics.
• Promouvoir une alimentation équilibrée, en valorisant les produits locaux et en réduisant la consommation d’aliments ultra-transformés.
• Lutter contre la stigmatisation, en reconnaissant que l’obésité est une maladie nécessitant une prise en charge et non un simple choix de mode de vie.
• Faciliter l’accès aux soins et aux programmes de prévention, à travers des dispositifs de suivi adaptés et un accompagnement médical renforcé.
Un engagement collectif pour un avenir en meilleure santé
Lutter contre l’obésité est un défi collectif qui concerne tous les acteurs de la société. Chaque initiative compte : adopter une alimentation plus saine, privilégier l’activité physique et sensibiliser son entourage sont autant d’actions qui peuvent faire la différence.
Le Professeur A. Tebaibia, président de la SAOMM, appelle à une prise de conscience nationale pour faire de la lutte contre l’obésité une priorité de santé publique. Il est urgent d’agir dès maintenant pour garantir aux générations futures une meilleure qualité de vie et un environnement plus favorable à la santé.
Tinhinane B
