Le jeûne des enfants: Accompagner sans brusquer

Pendant le mois de Ramadhan, les enfants observent leurs parents jeûner, partager les repas du soir, se lever pour le s’hor. Naturellement, beaucoup veulent faire « comme les grands ». Cette envie est touchante mais elle demande aux parents une attention particulière surtout lorsque les enfants sont encore jeunes.
D’abord, il est essentiel de rappeler un principe simple : avant la puberté, le jeûne n’est pas une obligation religieuse. L’enfance est une période de croissance intense. Le corps a besoin d’énergie, d’eau et de nutriments pour soutenir le développement du cerveau, des muscles et du système immunitaire. Priver un enfant trop jeune de nourriture ou d’hydratation pendant de longues heures peut entrainer fatigue, maux de tête, irritabilité ou difficultés de concentration.
Cela ne signifie pas qu’il faut décourager toute participation. Au contraire, il est possible d’introduire le jeûne de manière progressive et adaptée à l’âge. Certains parents proposent un « petit jeûne » : l’enfant saute un repas, jeûne quelques heures dans la matinée ou participe seulement le week-end. Cette approche douce lui permet de comprendre le sens spirituel de l’effort sans mettre sa santé en danger.
Et puis arrive parfois un moment particulier : le premier »vrai » jeûne. Pour les parents, cette journée a une saveur différente. Voir son enfant tenir jusqu’au coucher du soleil suscite une fierté discrète, mêlée d’émotion. Ce n’est pas seulement une performance physique, c’est un pas vers la maturité, un rite de passage symbolique. Il y a là un mélange de spiritualité, de tradition familiale et de lien social. Cette joie, cependant, doit rester mesurée et responsable : elle ne doit jamais pousser à ignorer les limites de l’enfant. La fierté s’accompagne d’une vigilance bienveillante.
L’écoute est primordiale. Un enfant qui se plaint de vertiges, de nausées ou d’une grande faiblesse doit être autorisé à rompre son jeûne immédiatement, sans culpabilisation. Les parents ont un rôle protecteur, même si cela implique de poser des limites.
Si l’enfant est proche de l’adolescence et souhaite jeûner des journées complètes, quelques précautions simples peuvent faire la différence. Le s’hor doit être équilibré et rassasiant : céréales complètes, œufs, produits laitiers, fruits et surtout une bonne hydratation. Pour l’iftar, il est préférable d’éviter les excès de sucreries et de privilégier des repas variés, riches en légumes et en protéines. Le sommeil est également crucial, car le rythme du ramadhan peut être perturbant. Il faut aussi tenir compte du contexte, si les journées sont trop longues et chaudes, que votre enfant a des activités physiques, des examens scolaires…Dans certains cas, reporter le jeûne ou l’adapter est plus raisonnable.
Accompagner un enfant dans le jeûne, c’est trouver un équilibre entre transmission et protection.
Hassina Amrouni

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accept Read More