L’Algérie renforce sa stratégie de santé au travail en plaçant le bien-être psychologique des travailleurs au cœur de ses priorités

 

 L’Algérie franchit une nouvelle étape dans sa politique de prévention des risques professionnels en mettant résolument l’accent sur la santé mentale et sociale des travailleurs. À l’occasion de la célébration de la 22e édition de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, organisée mardi 28 avril 2026 au centre familial de Ben Aknoun, les pouvoirs publics ont réaffirmé leur engagement à promouvoir une approche globale et moderne de la santé en milieu professionnel.

La cérémonie officielle a été coprésidée par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, le professeur Abdelhak Saihi, et le ministre de la Santé, le professeur Mohamed Seddik Aït Messaoudène, en présence de hauts responsables institutionnels, de représentants du Parlement, de partenaires sociaux, ainsi que de délégués d’organisations internationales et régionales.

Placée cette année sous le thème « Veiller à ce que les environnements de travail soient sûrs et sains du point de vue psychologique et social », cette journée internationale, instituée par l’Organisation internationale du travail, marque une évolution significative dans la manière d’appréhender les risques professionnels. Au-delà des dangers physiques, les autorités mettent désormais en lumière les effets du stress, des pressions professionnelles et des conditions psychosociales sur la santé des travailleurs.

Dans son allocution, le ministre du Travail a souligné l’importance croissante d’ancrer une culture de prévention dans le monde du travail. Il a insisté sur le fait que la protection du capital humain constitue un levier essentiel pour garantir la performance durable des entreprises et renforcer la stabilité sociale. Selon lui, cette nouvelle orientation reflète une prise de conscience collective quant à l’impact direct des facteurs psychologiques sur la productivité, la motivation et la qualité de vie au travail.

Le ministre a également rappelé l’attention particulière accordée par les plus hautes autorités de l’État à la santé et au bien-être des travailleurs, inscrits désormais au cœur des politiques publiques. Cette vision s’inscrit dans une démarche globale visant à garantir la dignité du travailleur, à améliorer ses conditions de travail et à promouvoir la justice sociale.

Sur le plan international, le professeur Abdelhak Saihi a mis en avant la reconnaissance dont bénéficie l’Algérie, récemment sélectionnée parmi huit pays participant à une réunion d’experts à Genève consacrée à la santé et à la sécurité au travail face aux phénomènes climatiques extrêmes. Une distinction qui témoigne, selon lui, de la pertinence de l’expérience nationale en matière de prévention, notamment dans un contexte marqué par les défis du changement climatique.

Le ministre a par ailleurs dressé un bilan détaillé des actions menées sur le terrain. Plus de 269 000 interventions de contrôle ont été réalisées, accompagnées d’environ 5 000 enquêtes sur les accidents du travail et les maladies professionnelles. À cela s’ajoutent plus de 135 000 recommandations techniques émises, 303 études et plans de prévention élaborés, ainsi que des programmes de formation ayant bénéficié à plus de 24 000 travailleurs. Par ailleurs, plus de 87 000 examens médicaux préventifs ont été effectués dans le cadre de la médecine du travail.

Ces résultats traduisent, selon le ministre, une dynamique institutionnelle soutenue et une volonté politique affirmée de placer l’humain au centre du développement. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’un engagement accru des employeurs et des partenaires sociaux, appelés à jouer un rôle déterminant dans la diffusion de la culture de prévention et le respect de la législation en vigueur.

De son côté, le ministre de la Santé a mis en avant les efforts déployés par son département pour renforcer la santé professionnelle, désormais considérée comme un pilier stratégique du système de santé. Il a souligné que la médecine du travail ne saurait être perçue comme une activité complémentaire, mais bien comme un outil essentiel de prévention des maladies chroniques et professionnelles, notamment les cancers liés à l’exposition à des substances dangereuses.

Le professeur Aït Messaoudène a insisté sur l’importance du dépistage précoce, du suivi médical régulier des travailleurs exposés et de l’amélioration continue des conditions de travail. Il a également évoqué le rôle central de son secteur dans l’élaboration de normes nationales en matière d’exposition aux substances toxiques, ainsi que dans le renforcement des systèmes de surveillance sanitaire et environnementale.

Dans ce contexte, il a salué la promulgation récente du décret exécutif n°26-143 du 30 mars 2026, relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition au plomb et à ses composés. Ce texte constitue, selon lui, une avancée majeure pour encadrer la prévention et offrir aux médecins du travail des outils réglementaires adaptés.

Le ministre a également annoncé la mise en œuvre d’un plan stratégique national pour la santé en milieu professionnel pour la période 2026-2030. Ce plan vise à instaurer une approche intégrée reposant sur la coordination intersectorielle, la modernisation du cadre juridique et le renforcement des systèmes d’information et de suivi.

Il a enfin souligné que la réussite de cette politique repose sur une collaboration étroite entre les différents secteurs, notamment ceux du travail, de l’environnement, de l’industrie et de l’énergie. Une synergie jugée indispensable pour garantir des environnements de travail conformes aux standards nationaux et internationaux.

La cérémonie a été marquée par plusieurs interventions d’acteurs économiques et sociaux, ainsi que par la signature de conventions de coopération entre différentes institutions nationales, visant à renforcer les actions de prévention et de promotion de la santé au travail.

En conclusion, les autorités ont réaffirmé que l’investissement dans la santé des travailleurs constitue un choix stratégique pour l’avenir du pays. Plus qu’une obligation réglementaire, la prévention des risques professionnels est désormais perçue comme un levier de développement durable, au service de la compétitivité des entreprises et du bien-être collectif.

Nouhad Ourebzani 

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