A l’approche de la rentrée scolaire, les repas retrouvent progressivement un rythme plus régulier. C’est le moment idéal pour instaurer de bonnes habitudes alimentaires chez l’enfant, sans transformer chaque repas en épreuve de force. Apprendre à bien manger ne signifie pas seulement remplir l’assiette d’aliments équilibrés. Il s’agit aussi d’aider l’enfant à reconnaître sa faim, sa satiété et à découvrir peu à peu de nouvelles saveurs.
Les habitudes alimentaires acquises pendant l’enfance peuvent influencer les comportements alimentaires ultérieurs. Une alimentation variée doit apporter quotidiennement des fruits et légumes, des céréales ou féculents, des légumineuses, ainsi que des sources adaptées de protéines et matières grasses. Mais au-delà du contenu de l’assiette, la manière dont les repas sont proposés joue également un rôle important.
Cependant, parfois l’enfant peut se montrer très récalcitrant face à une assiette qui ne lui plaît pas. Faut-il alors le forcer à manger lorsqu’il refuse leur repas ? En règles générale, mieux vaut éviter. Lui demander systématiquement de finir son assiette, le menacer ou utiliser un aliment comme récompense peut rendre les repas anxiogènes et perturber progressivement sa capacité à écouter ses sensations de faim et de satiété. Les approches dites « sensibles aux besoins de l’enfant » recommandent plutôt aux parents de décider quels aliments proposer, tout en laissant une certaine liberté quant à la quantité consommée.
Le refus d’un aliment n’est d’ailleurs pas forcément définitif. Certains enfants ont besoin de plusieurs présentations avant d’accepter une nouvelle saveur ou une nouvelle texture. Proposer régulièrement une petite quantité d’un aliment refusé, sans pression ni commentaire négatif, peut favoriser son acceptation avec le temps. Il est également possible de l’associer à un aliment déjà apprécié.
Les adultes ont, eux aussi, un rôle essentiel à jouer. Un enfant observe et imite. Voir ses parents manger avec plaisir des légumes, des fruits ou des aliments variés peut l’encourager davantage que de longs discours. Des repas pris à des heures relativement régulières, dans une atmosphère calme, constituent également des repères rassurants.
A l’approche de la rentrée, ces habitudes peuvent faciliter la transition vers les journées scolaires : un petit-déjeuner adapté, des repas structurés et des collations pensées selon les besoins de l’enfant contribuent à une alimentation régulière et diversifiée. Faire participer l’enfant au choix des fruits, à la préparation d’un goûter ou à la composition de son repas peut aussi développer son autonomie.
Enfin, si un enfant mange très peu, exclut durablement de nombreuses catégories d’aliments, présente une perte de poids ou manifeste une anxiété importante autour des repas, il est préférable d’en parler à un professionnel de santé. L’objectif n’est pas faire manger l’enfant à tout prix mais de lui permettre de grandir dans une relation sereine et équilibrée avec la nourriture.
Hassina Amrouni