*C’est un petit pas logistique mais un grand bond pour la sécurité alimentaire du pays. À Mostaganem, sur les quais animés du port, un nouveau laboratoire de contrôle des denrées importées vient d’être inauguré. Loin des projecteurs, cet événement pourrait pourtant s’inscrire comme une pierre angulaire dans la stratégie nationale de surveillance sanitaire.
Une opération hautement symbolique, mais surtout opérationnelle
Ce vendredi-là, les couloirs flambant neufs du laboratoire accueillaient une délégation officielle. En tête de cortège : Sofia Touadi, directrice centrale chargée de la santé végétale au ministère de l’Agriculture et du Développement rural. À ses côtés, le directeur des services agricoles de la wilaya de Mostaganem, le chef de la douane portuaire, des représentants du port, de l’Union des coopératives agricoles et du groupe public Serport (Société de gestion des services portuaires) .
L’objectif ? Constater de visu l’état d’avancement des travaux du laboratoire, presque finalisé à 99 %. Un dernier coup de tournevis, quelques branchements techniques, et l’infrastructure sera fin prête à entrer en service.
Un rempart contre les risques sanitaires importés
Ce laboratoire n’est pas un simple équipement. Il est le reflet d’une volonté politique claire : ne plus laisser entrer sur le territoire des produits alimentaires douteux. Il s’agira désormais d’effectuer sur place, à Mostaganem même, les analyses sanitaires sur les produits importés, notamment ceux destinés à la consommation humaine. L’objectif est clair : réduire les risques de contamination, respecter les normes internationales, et protéger les consommateurs algériens.
Une réponse concrète aux orientations présidentielles
Cette démarche s’inscrit dans le cadre des instructions du Président de la République, qui avait appelé à la création de laboratoires de contrôle dans tous les points stratégiques d’entrée sur le territoire : ports et aéroports. Le but est de mettre fin aux importations anarchiques, notamment de viandes et produits alimentaires ne répondant pas aux critères de qualité ou présentant des risques pour la santé publique.
Mostaganem, futur hub du contrôle phytosanitaire ?
Avec ce laboratoire, Mostaganem entre dans le cercle des ports stratégiques en matière de sécurité phytosanitaire. Ce positionnement pourrait à terme renforcer son rôle économique dans l’importation de denrées alimentaires, en réduisant les délais de dédouanement et en augmentant la traçabilité.
Et après ?
Il reste à espérer que le laboratoire de Mostaganem soit rapidement opérationnel à 100 %. Son modèle pourrait être répliqué dans d’autres ports secondaires du pays, comme Skikda ou Ghazaouet. Il faudra aussi veiller à ce que le personnel soit formé, que les équipements soient calibrés et que les procédures d’échantillonnage soient normalisées.
Quand sécurité alimentaire rime avec souveraineté
Dans un contexte global de crises sanitaires récurrentes, l’Algérie semble prendre la mesure des enjeux liés à la sécurité alimentaire. Créer un laboratoire à Mostaganem, ce n’est pas seulement construire un bâtiment. C’est aussi poser une brique de plus dans l’édifice de la souveraineté sanitaire, un impératif stratégique à l’ère des pandémies et des chaînes logistiques fragilisées.
Conclusion : vigilance à quai
Le port de Mostaganem ne sera plus seulement un point de passage pour les marchandises. Il devient désormais un bastion de vigilance sanitaire, une sentinelle postée à l’entrée du pays, pour garantir que ce qui entre en Algérie soit sain, contrôlé, et conforme aux attentes des citoyens. Une avancée discrète mais décisive, qui mérite d’être saluée.
Nora S.
