Journée mondiale des Troubles des Conduites Alimentaires (TCA) : Quand la nourriture, le poids et les apparences sont une obsession

 

C’est à travers le thème « Libérons la parole » qu’est célébrée, ce vendredi 2 juin 2023, la Journée mondiale des Troubles des Conduites Alimentaires (TCA). Cette journée est l’occasion de sensibiliser et d’informer l’opinion publique sur la gravité de ces troubles et lutter contre la stigmatisation.

Beaucoup n’en ont pas entendu parler, d’autres en minimisent la gravité, pourtant les TCA sont considérés par l’OMS comme un véritable problème de santé publique.
L’Organisation mondiale de la santé rapporte qu’en 2019 « 14 millions de personnes présentaient un trouble de l’alimentation, dont presque 3 millions d’enfants et d’adolescents ». Un chiffre sans doute bien en-deçà de la réalité tant ces troubles restent sous-diagnostiqués car entourés de tabous. Les personnes atteintes de ces troubles n’avouent pas facilement ni ouvertement leur mal-être, ce qui a tendance à compliquer la mise en place de mécanismes de guérison d’où le thème choisi pour cette année et qui encourage les malades et leur entourage à « libérer la parole ».
Tel que son nom l’indique, les Troubles des Conduites Alimentaires (TCA) « se caractérisent par un comportement alimentaire anormal et une préoccupation excessive pour la nourriture, qui s’accompagnent de vives inquiétudes concernant le poids et la forme du corps » (OMS).
On reconnaît trois types de troubles des Conduites Alimentaires : l’anorexie mentale, la boulimie nerveuse et l’hyperphagie boulimique.
Concernant la boulimie, les personnes qui en sont atteintes passent par des phases d’hyperphagie et de purgation. C’est-à-dire qu’elles ingèrent de grandes quantités d’aliments rapidement, ce qui, au-delà du fait que ça les rend malades, leur donne aussi mauvaise conscience. Alors elles se font vomir, se privent de nourriture, se lancent dans une activité physique intensive ou recourent aux laxatifs, …
Idem pour les personnes souffrant d’hyperphagie boulimique. Les conséquences de ces deux troubles sont à la fois physiques et psychologiques et les personnes atteintes sont dans une telle détresse qu’elles peuvent aller, dans les cas extrêmes, jusqu’au suicide. D’ailleurs, cet acte semble être l’acte de délivrance ultime pour les personnes souffrant de TCA, fort heureusement, le passage à l’acte reste infime.
Plus complexe et plus sournoise donc plus difficile à détecter, l’anorexie mentale est un trouble typique de l’adolescence. Il touche majoritairement les filles plus que les garçons, à un âge où elles commencent à prendre conscience de leur féminité. Il se manifeste par des signes physiques et psychiques, comme une perte de poids rapide et soudaine, lutte contre la faim avec évitement des aliments « qui font grossir », arrêt ou perturbation du cycle menstruel, sensibilité au froid, vomissements, diarrhée, fatigue, palpitations, maux de têtes fréquents, problèmes de concentration, perte de cheveux, hypotension, anémie, faible taux de globules blancs, pouls lent, …
Des complications plus graves peuvent survenir en cas de perte de poids trop importante et en l’absence de prise en charge rapide, comme des problèmes cardiaques qui sont des causes fréquentes de décès, problèmes rénaux, arrêt de la croissance, risque de stérilité…
Sur le plan psychologique, l’anorexique souffre d’une distorsion de l’image corporelle, ce qui entraine une susceptibilité vis-à-vis des commentaires ou critiques sur son apparence ou son poids. L’anxiété, l’humeur changeante, l’irritabilité, l’isolement social ou encore la faible estime de soi figurent aussi parmi les autres symptômes qui affectent ces personnes.
Le problème de la prise en charge de l’anorexie réside dans le déni, à la fois de la personne souffrant de ce trouble et parfois même des parents. C’est pourquoi, il est important de mettre un nom sur la maladie dès les premiers signes pour la prendre en charge et entamer le processus de guérison. Selon la gravité du cas, une aide médicale (hospitalisation) et psychologique est nécessaire. Le combat pour sortir de l’anorexie est long et difficile, il est même semé d’embûches et les risques de rechutes sont fréquents, c’est pourquoi, il est important de toujours en parler et demander de l’aide. Ce n’est pas un mal dont on peut guérir seul.
Hassina Amrouni

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accept Read More