En vacances, les horaires ont souvent tendance à disparaître. On prend son petit-déjeuner à 10h, on déjeune plus tard que d’habitude et le dîner peut facilement être repoussé à 22h ou 23h, surtout après une journée à la plage ou une sortie en famille ou entre amis. A cela s’ajoutent parfois une glace, quelques biscuits ou un encas avant de se coucher.
Pendant quelques jours, ces changements ne posent généralement pas de problème. Mais lorsqu’ils deviennent la règle pendant plusieurs semaines, ils peuvent perturber certains mécanismes biologiques.
Notre organisme possède une horloge interne qui fonctionne sur un cycle d’environ 24h. Elle coordonne le sommeil, la température corporelle, la sécrétion de plusieurs hormones et une partie du fonctionnement métabolique. La lumière constitue son principal repère, mais les horaires des repas jouent également un rôle dans la synchronisation des différentes horloges présentes dans nos organes. Les chercheurs parlent de « rythmes circadiens » pour désigner ces variations qui se répètent u cours de la journée.
Cela explique pourquoi l’heure à laquelle nous mangeons peut avoir son importance. Le soir, l’organisme n’est pas dans les mêmes conditions métaboliques que le matin ou en milieu de journée. La sensibilité à l’insuline et la gestion du glucose peuvent notamment varier selon le moment de la journée. Des recherches montrent qu’une alimentation concentrée tardivement peut être associée à une moins bonne réponse métabolique, même si les effets différents selon les individus et que l’horaire des repas n’est, évidemment, qu’un facteur parmi d’autres.
Faut-il pour autant considérer que tout dîner tardif est mauvais pour la santé ? Certainement pas. L’heure du repas ne suffit pas à déterminer le risque de prise de poids ou de troubles métaboliques. La quantité, la qualité des aliments et des repas d’une façon générale, l’activité physique, le sommeil et les habitudes générales comptent également.
Les données scientifiques suggèrent surtout que le problème se pose lorsque les repas tardifs deviennent fréquents et s’accompagnent d’un apport énergétique plus important, notamment à travers le grignotage.
Les vacances peuvent justement favoriser ce scénario : repas pris au restaurant, desserts tardifs et journées moins structurées. Le décalage des repas peut alors aller de pair avec une consommation plus importante sans que l’on s’en rendre forcément compte.
Il n’est donc pas question de s’interdire les longues soirées d’été. Quelques repas tardifs n’ont rien d’alarmant. En revanche, lorsque ce rythme s’installe plusieurs semaines, conserver certains repères peut être utile : éviter de faire du dîner le repas le plus copieux de la journée, limiter le grignotage nocturne et, à l’approche de la rentrée, avancée progressivement les horaires des repas.
Hassina Amrouni