La Commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la formation professionnelle de l’APN a tenu, ce dimanche 1er février 2026, une réunion consacrée à l’audition du ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, autour de la situation du secteur, de sa stratégie actuelle et de ses perspectives de développement.
À l’ouverture des travaux, le président de la Commission, Nasser Boudjeltia, a souligné l’importance stratégique de l’industrie pharmaceutique dans un contexte marqué par des transformations sanitaires et économiques rapides à l’échelle mondiale. Il a insisté sur le fait que la production de médicaments constitue désormais un enjeu de souveraineté nationale et un pilier de la sécurité sanitaire et sociale.
Dans son exposé, le ministre a rappelé l’engagement des pouvoirs publics à renforcer la production locale de médicaments, conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Il a mis en avant la volonté de développer l’industrie pharmaceutique nationale et de consolider les garanties permettant d’assurer l’autosuffisance en médicaments, notamment à travers des objectifs précis concernant la production de médicaments génériques et de produits pharmaceutiques spécialisés.
Selon les données présentées, les résultats obtenus ont dépassé les objectifs initialement fixés. La couverture du marché national par la production locale de médicaments a atteint près de 83 % à la fin du mois de décembre de l’année précédente. Le nombre d’entreprises pharmaceutiques agréées pour la fabrication a dépassé 233 unités, dont 138 spécialisées dans des produits stratégiques et sensibles, en particulier ceux destinés au traitement des maladies chroniques et complexes. Parmi ces produits figurent notamment les médicaments anticancéreux, les biosimilaires et les stylos d’insuline. Cette dynamique a permis une réduction significative de la facture d’importation, passée de 1,25 milliard de dollars en 2022 à 515 millions de dollars en 2024, avec la poursuite de la tendance baissière en 2025.
Concernant la stratégie future, le ministre a expliqué qu’elle repose sur plusieurs axes majeurs, dont l’orientation des investissements vers des activités à forte valeur ajoutée, le renforcement de l’intégration nationale et de la sécurité sanitaire, la digitalisation du secteur et la modernisation de la gestion, ainsi que la promotion des exportations pharmaceutiques afin de consolider la souveraineté du pays dans ce domaine.
Lors du débat, les membres de la Commission ont soulevé plusieurs préoccupations et propositions. Ils ont notamment insisté sur la nécessité de diversifier la production par la fabrication de nouveaux médicaments et la production locale de matières premières, de mettre en place une stratégie nationale efficace pour la production et la distribution des poches de sang, de développer la production locale de vaccins, et de renforcer l’accompagnement du secteur privé actif dans l’industrie pharmaceutique et des dispositifs médicaux.
Les parlementaires ont également évoqué l’état d’avancement de la digitalisation du secteur, la disponibilité des médicaments et équipements destinés aux patients atteints de maladies rares, dont les enfants atteints de xeroderma pigmentosum, ainsi que les mécanismes de contrôle et de fixation des prix des médicaments. Ils ont enfin plaidé pour une vision prospective dans le développement du groupe Saïdal et pour un renforcement du rôle de la recherche scientifique dans la conception et la production de médicaments.
À travers cette audition, la Commission de la santé a mis en lumière les progrès réalisés par l’industrie pharmaceutique nationale tout en soulignant les défis persistants, notamment en matière d’innovation, de souveraineté sanitaire et d’accès équitable aux traitements, dans un contexte où la maîtrise de la chaîne du médicament devient un enjeu stratégique majeur pour l’Algérie.
Nora S.
