Le nouveau PDG de Saidal n’est pas avare en révélations fracassantes sur ce qui fait mal au groupe Saidal, à l’occasion d’un passage TV. Tout en mettant le bistouri là où il fait mal, M. Kouidri promet de cicatriser les plaies douloureuses par des décisions franches, efficaces et à même de rendre espoir aux cadres et travailleurs en leur entreprise qui est, malgré tout, un modèle économique à part.
Le PDG dévoile que Saidal, malgré sa grande expertise, son savoir-faire inestimable et ses capacités de production gigantesques, n’a toujours pas de certifications. Le grand boss de Saidal rassure que dès son arrivée, les procédures sont engagées pour mettre de l’ordre dans ce sens.
Saidal qui produisait des dizaines de médicaments semble perdre un peu de son savoir et son expérience en matière de process de production pour certains produits. L’entreprise ne sait plus produire certains médicaments. La cause de cette situation est due en grande partie au départ d’un bon nombre de cadres vers d’autres entités industrielles privées après acquisition d’expérience, attirés qu’ils sont par les avantages matériels et sociaux offerts par ces dernières. La solution pour Saidal réside dans la révision de la grille de salaires et la réflexion sur l’offre de meilleures conditions de fidélisation des cadres et du personnel qualifié.
Les salaires chez Saidal sont les plus bas par rapport aux traitements salariaux enregistrés chez les autres établissements pharmaceutiques, révèle le PDG du groupe. Le plus bas salaire chez le groupe public est de l’ordre de 28 000 DA et le PDG touche 250 000 DA. Une grille qui s’avère très en deçà de ce qui prévaut dans le secteur.
Le PDG de Saidal ne compte pas laisser continuer l’hémorragie. Il a déjà mis en œuvre une stratégie de relance et de restructuration basée sur plusieurs points : la décentralisation de la décision, l’assouplicement des procédures administratives, la révision graduelle des salaires, la certification, l’installation d’un comité scientifique, l’inauguration prochaine du centre de bioéquivalence qui sera, aux côtés du CRD, un point d’appui inestimable, le passage au full process dans la production des biosimilaires et des antimitotiques, la production des différents vaccins pour enfants et des stylos à insuline, la multiplication des efforts d’enregistrement des produits pour l’exportation, la production imminente des antibiotiques de 4 génération et des matières premières avec objectif de retour de l’exportation vers l’Europe, et bien évidemment la mise en place de conditions de travail attractives à même de maintenir les personnels expérimentés.
Saidal voit grand et compte réaliser , dans une année et demi, un chiffre d’affaires de près de 50 milliards de dinars. Le pari est dans les cordes du groupe public d’autant que Saidal dispose de 8 unités de productions, plusieurs chaines de productions, un effectif très expérimenté, un savoir-faire inégalé et le marché national est très porteur avec un portefeuille global de plus de 600 milliards de dinars.
Nouhad Ourebzani
