Glioblastome : « Un régime ciblé peut bloquer la croissance de la tumeur » selon des chercheurs américains

Des chercheurs de l’université du Michigan viennent de réaliser une importante découverte concernant le glioblastome, un cancer du cerveau aussi redouté que difficile à traiter.
Malgré les avancées de la chirurgie, de la radiothérapie et de la chimiothéraie, l’espérance de vie de ce cancer dépasse rarement deux ans après un diagnostic. Face à cette impasse, les scientifiques ont tenté une approche radicale : affamer la tumeur.
Dans un cerveau sain, les acides aminés servent de carburant pour assurer le bon fonctionnement des cellules. Mais chez les patients atteints de glioblastome, la tumeur détourne ces nutriments pour se multiplier. L’idée des chercheurs a donc été de priver la tumeur d’une partie de ces briques essentielles, afin de vérifier si sa croissance pouvait être freinée.
Les expériences ont été menées sur des souris atteintes de glioblastome, et les résultats ont dépassé les attentes. « Nous avons modifié l’alimentation dans les modèles murins et nous avons pu ralentir de manière significative et bloquer la croissance de ces tumeurs », a expliqué le Dr Daniel Wahl, oncologue à l’université du Michigan.
L’équipe s’est particulièrement concentrée sur deux acides aminés : la sérine et la glycine. Leur suppression a transformé la réponse des tumeurs aux traitements classiques. « Quand nous avons supprimé les acides aminés sérine et glycine chez les souris, leur réponse à la radiothérapie et à la chimiothérapie étaient meilleure et les tumeurs étaient plus petites que chez les souris témoins nourries avec de la sérine », a indiqué le Dr Deepak Nagrath, dans Science Daily. Cette stratégie, qui consiste à exploiter une faiblesse du métabolisme tumoral, pourrait bien marquer un tournant. En privant les cellules cancéreuses d’éléments essentiels à leur croissance,les chercheurs sont parvenus à les rendre plus vulnérables aux traitements existants. Une approche qui ouvre la voie à de nouvelles thérapies combinant régime alimentaire ciblé et protocoles médicaux.
Pour l’heure, cette découverte n’a été validée qu’en laboratoire mais l’équipe scientifique nourrit de grands espoirs/ »Nous pensons que cette vulnérabilité métabolique peur être exploitée et qu’elle pourrait changer la manière dont nous traitons ce cancer », ajoutent les chercheurs.
La prochaine étape est de vérifier su cette stratégie est applicable à l’humain. Des essais cliniques sont déjà envisagés afin de tester l’impact de régimes spécialement conçus pour réduire la sérine dans le sang. Si ces résultats se confirment, il s’agirait d’une avancée majeure dans la lutte contre l’un des cancers du cerveau les plus agressifs.
Hassina Amrouni

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