Les spécialistes plaident pour une approche coordonnée du risque cardio-réno-métabolique

3e SERVIER Cardiometabolic Summit

La 3ème édition du SERVIER Cardiometabolic Summit a réuni plus de 300 spécialistes en cardiologie, diabétologie et médecine interne autour des nouveaux enjeux liés au syndrome cardio-réno-métabolique et à la prévention des maladies cardiovasculaires.
Organisée sous forme d’ateliers et de discussions interactives autour de cas cliniques, la rencontre a mis l’accent sur l’importance d’une prise en charge multidisciplinaire du patient hypertendu, diabétique ou coronarien.
A l’issue des travaux, le Dr Chafik Bettahar, Directeur marketing – Servier Clinica, s’est félicité de la mobilisation des professionnels de santé venus de plusieurs régions du pays. « Nous avons réussi à réunir 300 spécialistes (…) pour pouvoir améliorer la prise en charge du patient hypertendu, diabétique et coronarien en Algérie », a-t-il déclaré au micro d’Esseha.
Le responsable a souligné l’engagement des laboratoires Servier dans la formation médicale continue, estimant que cette troisième édition du Summit en constitue « la meilleure illustration ». Selon lui, les échanges interdisciplinaires représentent aujourd’hui, un levier essentiel pour améliorer la coordination des soins et renforcer les compétences médicales. Il a également évoqué le développement de nouveaux outils de communication dans la relation médecin-patient, notamment à travers l’approche « process com », présentée comme un concept allant « au-delà du médicament ».
Intervenant en marge de la rencontre, le Pr Dalia Djermane, maître de conférences en cardiologie à l’EPH de Tipaza, a insisté sur l’évolution des pathologies métaboliques vers une approche plus globale intégrant les dimensions cardiovasculaires et rénales. « Nous avons constaté ces dernières années, un dénominateur commun, à savoir le syndrome cardio-réno-métabolique », a-t-elle expliqué, estimant que les néphrologues devraient également être associés à ce type de rencontres scientifiques.
Pour la spécialiste, l’obésité et la dysfonction du tissu adipeux constituent des facteurs déclencheurs majeurs d’un processus conduisant progressivement à l’hypertension, au diabète puis aux complications cardiovasculaires. Elle a plaidé pour une stratégie centrée sur « une attitude proactive préventive », fondée sur le dépistage précoce, l’amélioration de l’observance thérapeutique et une meilleure communication avec les patients.
Le Pr Djermane a également alerté sur « l’inertie thérapeutique », qui concerne à la fois les patients et les médecins. Elle a rappelé l’importance de ne pas retarder les traitements par crainte des effets secondaires, tout en appelant les autorités sanitaires à renforcer le remboursement des médicaments essentiels et à développer les programmes de réadaptation cardiaque.
De son côté, le Dr Nawel Smaili, cardiologue spécialisée en imagerie cardiovasculaire, a mis en avant le rôle croissant de la cardio-imagerie dans la cardiologie moderne. « Le cardiologue de demain doit être impliqué dans tout ce qui est imagerie cardiovasculaire pour faire une cardiologie de pointe », a-t-elle affirmé.
Très engagée dans la sensibilisation sur les réseaux sociaux, elle a insisté sur la nécessité d’améliorer la culture de prévention au sein de la population. « L’hypertension est le premier tueur silencieux », a-t-elle rappelé, recommandant l’auto-mesure de la tension artérielle à domicile, un suivi médical régulier et une consultation cardiologique à partir de la quarantaine, avant l’apparition des premières complications ».
Hassina Amrouni

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