Formation médicale continue au CHU Mustapha: Hémorragies digestives : les nouvelles approches au centre des débats

Le CHU Mustpaha a organisé une journée de formation médicale continue (FMC) consacrée aux hémorragies digestives, une pathologie considérée comme une urgence médico-chirurgicale majeure.
Réunissant gastro-entérologues, endoscopistes, chirurgiens, radiologues, biologistes, cardiologues, réanimateurs, urgentistes et médecins généralistes, cette rencontre a permis de faire le point sur les nouvelles recommandations et les stratégies de prise en charge les plus récentes.
Pour le Pr Kafia Belhocine, cheffe se service de gastro-entérologie au CHU Mustapha, cette initiative répond à un besoin concret de coordination entre spécialités. « La prise en charge des hémorragies digestives est multidisciplinaire », a-t-elle souligné au micro d’Esseha, rappelant que cette FMC vise à « donner les dernières nouveautés en matière de prise en charge », aux praticiens, mais aussi à « faciliter l’accès au circuit du patient ». Elle a insisté également sur la nécessité de « coordonner les spécialités autour du patient » afin d’assurer une réponse rapide et efficace.
Même constat du côté de la réanimation. Le Pr Mourad Ouali, chef de service de la réanimation polyvalente au CHU Mustapha, estime que la formation médicale continue est désormais au cœur de la médecine moderne. « Cette formation continue permet d’améliorer la prise en charge des malades », a-t-il affirmé, saluant l’intérêt suscité par cette rencontre au vu de l’affluence des participants.
Le spécialiste a notamment évoqué l’une des problématiques sur laquelle se sont attardés les spécialistes lors de cette journée : les hémorragies digestives chez les patients sous anticoagulants. « C’est une prise en charge urgente », a-t-il expliqué, précisant que l’arrêt des anticoagulants pour stopper le saignement peut exposer le patient à « problème de coagulation du sang ». Une situation délicate qui nécessité des protocoles précis et une actualisation régulière des connaissances.
Aux urgences médicales, la prise en charge repose sur des procédures bien codifiées. Le Pr Tahar Ait Mouheb, chef de service urgences médicales au CHU Mustapha, a détaillé les étapes permettant d’évaluer rapidement la gravité de l’hémorragie grâce à des signes cliniques et des scores spécifiques afin d’anticiper « l’état de choc hémorragique ». Toutefois, il a alerté sur une difficulté persistante : « Le problème qui se pose au niveau des urgences, c’est le devenir du patient une fois qu’il est pris en charge », notamment en raison du manque de lits disponibles.
Les intervenants ont également mis en avant l’importance des approches complémentaires. Le Dr Madina Bouzid, chirurgienne à la Clinique des urgences chirurgicales au CHU Mustapha, a rappelé que « la chirurgie joue un rôle crucial » lorsque les traitements conventionnels échouent ou lorsque le pronostic vital est engagé.
De son côté, le Dr Camélia Hamadache, Médecin radiologue au au sein du même hôpital, a souligné les avancées de la radiologie interventionnelle, qualifiée de technique « mini-invasive », qui permet aujourd’hui de localiser précisément l’hémorragie et, dans certains cas, « d’éviter des chirurgies lourdes ».
Les médecins généralistes ont, eux-aussi, été appelés à renforcer leur participation à ces formation. Le Dr Meriem Mansouri, médecin généraliste coordinatrice à l’EPSP de Bab El Oued a, judicieusement, rappelé que le généraliste demeure « le premier médecin qui prend en charge le patient » et joue un rôle essentiel dans le diagnostic précoce et l’orientation vers les spécialistes.
Hassina Amrouni

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