Alerte sanitaire en Algérie : la région Ouest face à l’émergence des agressions félines et à la hausse du risque de rage

L’Observatoire régional de santé Ouest (ORS Oran), placé sous l’égide de l’Institut national de santé publique (INSP), vient de publier son bulletin épidémiologique trimestriel N° 34, révélant une mutation profonde et préoccupante de la dynamique des expositions au risque rabique entre 2019 et 2025.

Historiquement dominée par l’espèce canine, la transmission de cette maladie mortelle connaît désormais une transition systémique inédite : le chat, tant errant que domestique, est devenu le premier vecteur d’exposition dans la région, supplantant le chien de manière spectaculaire à partir de la mi-2023 et culminant en octobre 2025 avec un écart record de 4 899 expositions félines contre 2 498 expositions canines.

Paralèlllement, les spécialistes constatent une détérioration de la gravité clinique des blessures, marquée par une nette prédominance des cas de catégorie III (expositions graves), ce qui réoriente la majorité des protocoles de prise en charge vers la sérovaccination et exerce une forte pression logistique et financière sur les stocks de vaccins et d’immunoglobulines.

Les données de surveillance cumulent 221 805 cas d’expositions sur sept ans, atteignant un pic épidémique inédit de près de 7 500 cas en un seul mois en octobre 2025, tandis que la tendance observée sur l’année 2026 confirme le maintien d’un plateau élevé d’expositions sans retour aux niveaux d’avant-2022.

Sur le plan géographique, les wilayas d’Oran, Mostaganem et Tiaret concentrent à elles seules plus de la moitié des déclarations de la région Ouest, avec une vulnérabilité accrue chez les hommes et les enfants de moins de 15 ans, ces derniers connaissant des pics très marqués durant la période des vacances scolaires estivales.

Face à cette situation et à l’incidence de 37 décès humains enregistrés sur la période d’étude — un bilan principalement lié au retard de consultation des victimes qui n’alertent les structures médicales qu’après l’apparition des premiers symptômes —, l’ORS d’Oran déploie une campagne de sensibilisation ciblée sur les familles et le milieu scolaire.

Illustrée par des scènes du quotidien montrant un enfant aux côtés d’un chat au comportement calme, cette initiative vise à faire comprendre qu’un animal apparemment inoffensif ou atteint d’une « rage muette » (forme paralytique sans agressivité évidente) peut transmettre le virus.

Les autorités sanitaires rappellent ainsi qu’aucune griffure, morsure ou léchage sur plaie ne doit être banalisé et qu’il convient de laver immédiatement la zone touchée à l’eau courante et au savon durant 15 minutes, d’effectuer la vaccination des animaux de compagnie et de consulter en urgence une structure de santé, une démarche fondamentale pour s’inscrire dans l’objectif mondial d’éliminer les décès par rage humaine d’ici à l’horizon 2030.

Nouhad Ourebzani 

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accept Read More