Activités extrascolaires: Comment choisir celle qui fera vraiment du bien à votre enfant ?

A la rentrée, la question revient dans de nombreuses familles : football, natation, judo, tennis, sports collectifs, arts plastiques ou théâtre… Quelle activité choisir pour son enfant ? Au-delà de l’occupation du mercredi ou du week-end, une activité extrascolaire peut contribuer au développement physique, psychologique et social. Mais elle n’a d’intérêt que si elle correspond à l’âge, aux capacités et surtout aux goûts de l’enfant.
Chez les 5-17 ans, l’Organisation mondiale de la santé recommande en moyenne au moins 60 mn d’activité physique modérée à soutenue par jour, sur l’ensemble de la semaine. La pratique sportive contribue notamment à la condition physique, à la santé osseuse et cardiovasculaire, mais aussi à certaines dimensions cognitives et psychologiques. Une activité encadrée permet donc d’ajouter du mouvement à une journée souvent très sédentaire.
Le choix dépend d’abord de l’âge. Avant5 ou 6 ans, mieux vaut privilégier les activités qui développent la motricité globale : activités d’éveil moteur, danse, gymnastique, activités multisports ou initiation à la natation. L’objectif n’est pas la performance, mais l’exploration du mouvement, l’équilibre, la coordination et le plaisir de bouger. Entre 6 et 9 ans, l’enfant peut progressivement apprendre des règles, des gestes techniques et la coopération. Natation, arts martiaux, football ou danse peuvent alors répondre à des besoins différents. A partir de 10-12 ans, ses goûts deviennent généralement plus affirmés : il peut choisir une discipline plus spécialisées, individuelle ou collective.
Le tempérament compte également. Un enfant très réservé peut trouver dans le théâtre ou une activité collective un espace pour prendre progressivement la parole et rencontrer d’autres enfants. Mais il ne faut pas lui imposer un sport collectif sous prétexte de « le sociabiliser ». Un enfant plus solitaire peut parfaitement s’épanouir dans la natation, le dessin, la musique ou le tennis, tout en développant des relations avec les autres à l’école.
Le type d’activité apporte aussi des bénéfices différents. Les sports collectifs sollicitent particulièrement la coopération, la communication et le sentiment d’appartenance ; les études récentes associent leur pratique à des bénéfices psychologiques et sociaux chez les jeunes. Les disciplines individuelles peuvent favoriser l’autonomie, la persévérance et la maîtrise progressive d’une compétence. Les arts martiaux ajoutent l’apprentissage moteur un travail sur les règles, l’attention et le contrôle du geste. La musique de son côté, mobilise mémoire, attention et inhibition ; plusieurs synthèses de recherche rapportent des effets favorables sur certaines fonctions exécutives de l’enfant.
Le théâtre et les arts créatifs offrent quant à eux un cadre d’expression, d’imagination et d’interaction sociale, avec des données encourageantes mais moins solides que celles concernant l’activité physique.
Enfin, le sexe de l’enfant ne devrait pas déterminer le choix. Une fille peut faire du football ou des arts martiaux, un garçon du théâtre ou de la musique. Le critère le plus important reste l’adéquation entre l’activité, ses envies, son âge, ses capacités et le cadre proposé. Il faut aussi tenir compte d’un élément très concret : la proximité du lieu où elle est pratiquée par rapport au domicile. Une activité intéressante sur le papier peut devenir contraignante si les trajets sont longs, compliqués ou difficiles à concilier avec les horaires de la famille. Or, pour que l’enfant puisse réellement en tirer des bénéfices, la régularité compte. Mieux vaut donc une activité qui lui plaît, facilement accessible et compatible avec l’organisation familiale, qu’une discipline idéale en théorie mais difficile à maintenir dans la durée.
Hassina Amrouni

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