Boissons sucrées, tabac et alcool: L’OMS appelle à renforcer des taxes jugées inefficaces

Dans deux nouveaux communiqués diffusés mardi 13 janvier 2026, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) invite les gouvernements à revoir en profondeur la fiscalité appliquée aux boissons sucrées, au tabac et à l’alcool. L’agence onusienne estime que des taxes trop faibles ou mal ajustées à l’inflation contribuent à maintenir ces produits à des prix accessibles, malgré leur impact avéré sur la santé publique.
Selon l’OMS, la consommation excessive de sucre, de tabac et d’alcool alimente la hausse de l’obésité, du diabète, des maladies cardiovasculaires et de certains cancers, tout en pesant lourdement sur des systèmes de santé déjà fragilisés.
« Les taxes sanitaires comptent parmi les instruments les plus puissants dont nous disposons pour promouvoir la santé et prévenir les maladies », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. Il souligne que « l’augmentation des taxes sur des produits comme le tabac, les boissons sucrées et l’alcool, les gouvernements peuvent réduire les consommations nocives et dégager des ressources pour des services de santé essentiels ».
Ces constats s’appuient sur une analyse menée en 2024 dans plus de 150 pays, complétée par un examen des politiques fiscales d’environ 180 Etats. En comparant ces données à celles de 2022, l’OMS observe que l’efficacité des taxes diminue avec le temps, notamment parce qu’elles ne sont pas régulièrement réévaluées pour suivre l’inflation.
Concernant les boissons sucrées, l’OMS rappelle qu’elles figurent parmi les principales sources de sucre ajouté dans de nombreux pays, tout en ayant une valeur nutritionnelle faible, voire nulle. Si 116 pays taxent certaines boissons comme les sodas ou les boissons énergisantes, de nombreux produits très sucrés restent en dehors du champ fiscal, notamment les jus de fruits industriels, les boissons lactées sucrées ou les cafés et thés prêts à boire notent encore les communiqués.
Relevant des failles similaires pour le tabac et l’alcool, l’OMS regrette que les recettes fiscales soient rarement réinvesties dans la prévention. Sur les 116 pays taxant les boissons sucrées, seuls dix consacrent ces fonds à des programmes de santé. L’OMS estime, enfin, qu’une fiscalité plus ciblée, mieux actualisée et orientée vers la santé publique reste un levier essentiel pour freiner la progression de maladies évitables.
Hassina Amrouni

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