Faire du sport est bénéfique pour la santé, mais toutes les formes d’activité physique ne se valent pas de la même manière, surtout lorsqu’elles sont pratiquées de façon répétitive et isolée. Une vaste étude publiée dans BMJ Medicine apporte un éclairage nouveau : ce n’est pas seulement la quantité d’exercice qui compte pour réduire le risque de décès prématuré, mais aussi la diversité des activités pratiquées au fil du temps.
Les chercheurs se sont appuyés sur les données de deux grandes cohortes américaines de référence, la Nurses’ Health Study et le Health Professionals Follow-Up Study, qui ont suivi plus de 110 000 adultes pendant plus de trois décennies. Les participants ont régulièrement renseigné leurs habitudes d’activité physique, couvrant neuf types d’exercices courants, allant de la marche et du jogging au vélo, au tennis ou à la musculation. Ces informations ont ensuite été croisées avec les causes et les taux de mortalité observés au cours du suivi.
Les résultats confirment d’abord un constat bien établi : pratiquer une activité physique régulière est associé à une baisse significative de la mortalité toutes causes confondues, ainsi qu’à une réduction du risque de décès par maladies cardiovasculaires, cancers ou affections respiratoires. La marche, en particulier, ressort comme l’une des activités les plus accessibles et les plus fortement associées à une amélioration de la longévité, tandis que la course, le tennis ou les exercices de renforcement musculaire montrent également des effets protecteurs notables. En revanche, certaines activités, comme la natation dans cette étude précise, n’ont pas montré d’association claire avec une diminution globale de la mortalité, soulignant que les bénéfices peuvent varier selon le type d’exercice.
Mais l’apport majeur de cette recherche réside ailleurs : les personnes qui pratiquent une plus grande variété d’activités physiques présentent un risque de mortalité significativement plus faible que celles qui se limitent à un seul type d’exercice, même lorsque le volume total d’activité est comparable. Les participants combinant plusieurs disciplines affichaient jusqu’à 19 % de réduction du risque de décès toutes causes confondues, avec des baisses également observées pour les décès liés aux maladies cardiovasculaires, aux cancers et aux pathologies respiratoires.
Selon les auteurs, cette diversité pourrait expliquer des bénéfices supplémentaires en mobilisant différents systèmes physiologiques. Là où certaines activités améliorent principalement l’endurance cardiovasculaire, d’autres renforcent la masse musculaire, la coordination, l’équilibre ou le métabolisme. En sollicitant le corps de manière plus complète, la variété des exercices contribuerait à une meilleure prévention des maladies chroniques et à un vieillissement plus sain.
Ces conclusions viennent nuancer les recommandations classiques centrées uniquement sur la durée ou l’intensité de l’activité physique. Elles suggèrent qu’alterner les pratiques — marcher, faire du vélo, intégrer des exercices de renforcement ou des sports de raquette — pourrait offrir un avantage réel pour la santé à long terme. Plus qu’une performance ou une routine figée, c’est donc la diversité du mouvement qui apparaît comme un allié majeur de la longévité.
Nouhad Ourebzani
