Jeûne, dattes et foie gras: Trouver le juste équilibre pendant le Ramadhan

Au moment de la rupture du jeûne, la datte s’impose naturellement. Appréciée pour son apport énergétique rapide et sa valeur symbolique, elle suscite toutefois des interrogations chez les personnes atteintes de stéatose hépatique, plus connue sous le nom de foie gras non alcoolique. Fau-t-il s’en priver ou simplement en modérer la consommation ?
La stéatose correspond à une accumulation excessive de graisses dans les cellules du foie. Elle est fréquemment liée au surpoids, à la résistance à l’insuline, à une glycémie élevée et à des troubles du métabolisme lipidique. Souvent silencieuse, elle évolue sans symptômes apparents, ce qui impose une vigilance particulière sur les habitudes alimentaires.
La méfiance envers les dattes s’explique par leur richesse en sucres naturels et leur densité calorique. On pourrait craindre qu’elles favorisent une élévation rapide de la glycémie ou accentuent le stockage des graisses hépatiques. Pourtant, la réalité est plus nuancée. Les dattes contiennent des fibres alimentaires qui ralentissent l’absorption des sucres, ainsi que des antioxydants et des minéraux bénéfiques. Consommées raisonnablement, elle ne sont pas considérées comme un facteur déclenchant de stéatose.
Les recherches actuelles distinguent d’ailleurs le fructose naturellement présent dans les fruits -ingéré avec des fibres et des composés protecteurs- du fructose industriel ajouté aux sodas et produits ultra-transformés : c’est surtout ce dernier, consommé en excès et sous forme isolée, qui est associé à l’aggravation de la stéatose hépatique.
Le véritable risque provient donc moins d’un aliment précis que d’un excès calorique global et d’une alimentation riche en sucres ajoutés et en graisses saturées. Pendant le Ramadhan, les excès peuvent rapidement s’accumuler si les dattes s’accompagnent de pâtisseries lourdes, de sirops sucrés ou de plats très gras.
Pour les personnes atteintes de foie gras, une portion modérée –une à trois dattes à l’iftar, reste généralement compatible avec un équilibre alimentaire. Les associer à de l’eau ou à un produit laitier peut contribuer à stabiliser la réponse glycémique. En revanche, chez les personnes présentant un diabète mal équilibré ou une obésité importante, même des apports modérés en sucres naturels doivent être évalués au cas par cas, en concertation avec le médecin traitant.
Plus largement, le mois de Ramadhan peut devenir une opportunité pour adopter des habitudes plus saines, en limitant les desserts riches, privilégier des repas équilibrés et pratiquer une activité physique légère après l’iftar.
Hassina Amrouni

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